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Communication

 

Depuis longtemps, les entreprises privées et publiques ont compris l’importance de la formation continue dans le développement d’habiletés et de compétences de toutes sortes et elles y investissent une part de plus en plus grande de temps, d’énergie et d’argent. Dans ce contexte, de nombreuses personnes possédant une expertise particulière dans un secteur donné sont appelées à communiquer leur savoir et/ou leur savoir-faire à leurs collègues de travail.

De plus, ceux qui sont actuellement en formation ou en cours d’étude ont régulièrement à faire des expoisés ou à animer des séminaires et il est important pour eux aussi de connaître et d’expérimenter des outils de communication qui leur permettront de transmettre leur message encore plus efficacement. 

Nous prenons pour acquis, dans ce texte, que le formateur possède déjà une solide connaissance de son sujet et qu’il sait comment élaborer adéquatement le programme de la formation. Il est évident qu’une partie de la confiance qu’éprouve un groupe envers son animateur repose dans sa reconnaissance de la compétence de celui-ci. Plutôt, nous nous concentrerons ici sur sa compétence dans la relation.

En effet, la formation est d’abord une communication interpersonnelle entre des personnes, un animateur et son auditoire. À ce titre, la formation n’est pas une relation à sens unique, mais une interaction qui se modifie constamment. Le formateur doit donc posséder quatre qualités importantes au niveau de la relation:

  1. la capacité à créer et à maintenir, entre lui et son auditoire, une relation de confiance et d’ouverture pour permettre à son message d’être compris;
  2. la sensibilité aux modifications dans la qualité du rapport qui se crée entre son auditoire et lui;
  3. la flexibilité pour s’ajuster et utiliser d’autres moyens lorsque ceux qu’il utilise ne donnent pas les résultats escomptés;
  4. la maîtrise de ses états d’esprit pour être en contrôle.

1. CRÉER ET MAINTENIR UNE RELATION DE CONFIANCE

S'il n'y avait qu’une chose à retenir dans tout ce texte, que ce soit celle-ci: le formateur doit avant tout être capable d’établir une relation de confiance et de sympathie avec les personnes qu’il rencontre, ce que nous nommerons créer le rapport. Bien des communications échouent parce que l’animateur, aussi crédible soit-il, n’a pas réussi à créer et surtout à maintenir ce rapport.

Nous ne vous apprendrons rien en vous disant que c’est de façon non-verbale que s’établit l’essentiel de ce rapport entre un animateur et un groupe. Certains spécialistes de la communication vont même jusqu’à dire que plus de 90% de celui-ci se fait de façon non-verbale, donc le plus souvent inconsciente. Le rapport se crée ainsi principalement au delà des mots et de la logique du discours qui s’adressent à notre partie consciente.

Or, comme le formateur ne dispose souvent que de peu de temps et qu’il fait régulièrement affaire avec des personnes inconnues, c’est en apprenant à rejoindre les gens sur leur propre terrain qu’il suscitera l’ouverture nécessaire et prérequise à l’apprentissage propre à la formation. C’est ce qu’on nomme la synchronisation sur le groupe (note 1).

Au début d’une formation, surtout si l’animateur est nouveau, le groupe ressent, sinon de la peur, du moins une certaine réserve devant l’inconnu. Le premier objectif du formateur sera donc de donenr un sentiment de sécurité à l’auditoire en faisant en sorte que les gens le perçoivent comme quelqu’un qui leur ressemble et les comprend. Dans une relation entre deux personnes, le fait de se reconnaître chez son interlocuteur estl'un des facteurs qui contribue le plus à ce que l’on se sente à l’aise. Cela s’applique également dans la relation qui s’établit entre un groupe de personnes et un animateur.

À l’accueil, le formateur devra donc essayer, quand c’est possible, d’établir un premier contact avec chaque participant en se présentant plus tôt et en recevant chacun avec un simple bonjour ou un regard amical ou une poignée de main ou, mieux encore, les trois en même temps. C’est à ce moment que commence la formation. De cette façon, chacun se sent reconnu personnellement, ce qui renforce la confiance interpersonnelle. Il pourra également prendre contact avec le groupe en parlant à droite et à gauche avec les premiers arrivés, au lieu de rester seul dans son coin, les yeux dans ses notes, l’air tendu. Quand les suivants font leur entrée et qu’ils le voient impliqué dans des conversations avec des participants, ils sentent déjà inconsciemment qu’il fait partie du groupe.

Pendant le déroulement de la formation, le climat de confiance s’établira encore davantage si le participant voit qu’on s’adresse à lui comme à une personne et non comme à un numéro. Les moyens classiques, mais qu’il ne faut pas négliger, sont d’apprendre  rapidement et d’utiliser, quand c’est possible,  les noms des personnes à qui nous nous adressons - tout en évitant la familiarité trop rapide dans les nouveaux groupes - et de contacter visuellement chaque participant - tout en évitant de prolonger ce contact visuel trop longtemps, ce qui a plutôt pour effet de mettre la personne mal à l’aise. Si vous avez déjà eu des enseignants qui donnaient leur cours comme si vous étiez le seul dans la classe, en vous regardant constamment, vous comprenez ce que nous voulons dire. 

Si la formation se déroule sur plusieurs rencontres, le formateur peut prendre en note des renseignements qu’il a appris sur tel ou tel participant (s’il ne se fie pas à sa mémoire), et se servir éventuellement de ces détails lors de rencontres ultérieures. Cela montre qu’il reconnaît personnellement le participant, qu’il se souvient de ce qu’il a dit, ce qui renforce encore le climat de confiance qui, on ne le dira jamais assez, est la base même de la communication d’un message et de l’apprentissage en groupe.

Tout cela suppose donc que l’animateur soit à l’écoute des participants, qu’il profite de toutes les occasions pour s’ouvrir sur le monde de l’autre, en résumé qu’il lui manifeste un intérêt réel. Surtout en début de formation, avec des groupes qui lui sont tout à fait étrangers, le fait de s’intéresser aux participants permet à l’animateur, d’une part de se mettre au diapason du groupe, d’autre part de se distraire de sa propre nervosité, de son trac, de sa matière, et donc d’augmenter sa propre confiance en lui-même. Retenez que si vous manifestez de l’attention pour votre interlocuteur, cela l’obligera à faire de même pour vous. Un formateur qui ne semble pas concerné par les gens qui sont devant lui provoque la même chose en retour.

 

Une autre forme de synchronisation

Pour qu’un auditoire se sente concerné et, conséquemment, soit attentif à son message, l’animateur doit également se synchroniser sur les modes de représentation privilégiés des participants. Un peu d’explication s’impose ici.
 
Précisons tout d’abord que, même si nous percevons la réalité à travers nos cinq sens, les recherches démontrent que chacun tend à organiser cette information au cerveau en privilégiant un mode de représentation plus qu’un autre. Ainsi, certains privilégient une représentation visuelle (V) et voient mieux ce que l’on veut dire quand on utilise des images; d’autres ont une représentation d’abord auditive (A) et accordent surtout leur attention aux sons, à l’environnement sonore; d’autres encore sont surtout sensibles aux émotions, à l’ambiance, ce qu’on nomme le mode kinesthésique (K), et saisissent davantage le côté émotif d’une présentation. Cette façon de sélectionner l’information se reflète non seulement au niveau de la représentation de celle-ci au cerveau, mais également au niveau de nos modes d’expression, dans les mots que nous utilisons et dans notre langage non-verbal.

Le présentateur le plus efficace sera donc celui qui prendra le temps d’adapter son message pour rejoindre tous les modes de représentation (V, a et K), et non uniquement en privilégiant son propre mode. C’est ce qu’ont probablement fait les bons professeurs que vous avez eus dans le passé, eux qui savaient adroitement et intuitivement illustrer (V) leurs explications, varier le rythme et le ton de leur voix (A) et créer un climat d’échange (K) propice à l’apprentissage. Cela se fera verbalement, en utilisant volontairement des mots qui correspondent à chaque mode de représentation (note 2).  

Lorsqu’un participant pose une question ou formule un commentaire, vous pouvez aussi vous synchroniser verbalement en reprenant les mêmes mots qu’il utilise, les mêmes expressions, ce qui renforce chez-lui le sentiment d’être compris. Carl Rogers, psychologue et psychothérapeute bien connu, nous a démontré le pouvoir de l’écoute active pour donner à quelqu’un le sentiment d’être écouté et pour créer une relation de confiance. Tout le monde connaît bien les formules Si j’ai bien compris ce que vous dites, vous... ou encore Si je vous suis bien... ou bien En d’autres termes, vous croyez que... Votre interlocuteur se sent alors écouté, peut corriger s’il a été mal compris, préciser sa pensée et apporter de nouvelles informations (note 3).

 

Synchronisation non-verbale.

La synchronisation sur les modes de représentation pourra aussi se faire non-verbalement  Retenez que l’individu qui favorise l’aspect visuel donne la priorité à ce qu’il voit; il est d’abord sensible à l’expression du visage, puis au message verbal. Vous le reconnaîtrez dans les groupes à sa façon de regarder directement le présentateur dans les yeux et d’avoir les yeux dirigés vers le haut lorsqu’il réfléchit, ainsi qu’à sa manière de s’asseoir sur le bout de sa chaise, le corps porté vers l’avant. Servez-vous donc de votre propre visage pour appuyer vos dires et souligner l’importance d’un point, mimez éventuellement avec votre corps et vos gestes, accélérez le débit verbal et regardez les gens dans les yeux. Comme le visuel a particulièrement besoin de savoir où il s’en va, tracez-lui un plan, utilisez un schéma, présentez-lui une image, un dessin, une diapositive, un vidéo, un  tableau; il faut lui montrer ce dont on parle ou au moins lui faire imaginer. S’il n’a pas compris, il est préférable que vous repreniez l’explication à partir du début. L’utilisation de métaphores dans le langage est également un outil qui rejoint davantage le mode visuel.

L’individu plus kinesthésique est pour sa part très sensible à l’émotion véhiculée par le ton et l’intensité de la voix, sensible également à l’atmosphère. C’est ce qui se dégage du message qui est important pour lui. Il aime que les gens soient près de lui et, généralement, vous allez le perdre si vous parlez trop vite. Ralentissez donc à l’occasion votre rythme. Il n’est pas rare de le voir écrire pour comprendre mieux le message qui lui est présenté. Il aime prendre son temps, procéder à son rythme (que le visuel trouve souvent beaucoup trop lent), prendre sa décision à son heure à lui. Recourez à l’anecdote pour le rejoindre et mettez plus d’émotion, d’humour dans votre récit. Comme il ne se contente pas d’images et de beaux discours, apportez-lui des preuves concrètes et tangibles de ce que vous avancez. Favorisez l’expérimentation active, le travail en petit groupe, la participation en posant des questions et en interagissant avec le groupe. Ayez éventuellement des objets à toucher, à manipuler, etc. Vous le reconnaîtrez dans les groupes à sa façon de regarder vers le bas lorsqu’il réfléchit et à sa manière de s’asseoir très confortablement dans sa chaise, les jambes souvent allongées.

Chez celui qui privilégie le mode auditif, le message verbal passe indépendamment de l’expression du visage. Il lui suffit d’écouter pour comprendre et il s’attarde au contenu. Dans les groupes, c’est souvent celui qui demande qu’on abrège, qu’on synthétise, qu’on en finisse, qu’on cesse d’expliquer... Il a déjà tout compris depuis un bon moment, alors pourquoi ajouter tant de détails. Une simple explication verbale lui suffit, il n’a pas besoin de plan. Pour le rejoindre, la voix devrait être rythmée, les explications précises et logiques; on peut attirer son attention par des mots sonores et nouveaux, par l’utilisation de bruits et éventuellement de musique. Vous le reconnaîtrez dans les groupes à sa façon de regarder de côté, à la hauteur de ses oreilles, lorsqu’il réfléchit, et à sa manière de s’asseoir les bras croisés, le corps un peu de côté et la tête penchée.

Retenez que l’objectif premier de la synchronisation, c’est de créer un climat de confiance et, conséquemment d’attirer l’attention des participants sur votre message. Le présentateur augmente ses chances de réussite en visant tous les modes de représentation dans sa présentation, s’assurant de maintenir cette attention. Rappelez-vous aussi que l’attention, de façon générale, est fugace, et peu de personnes parviennent à se concentrer intensément pendant de longues périodes. Évitez donc de prolonger les explications théoriques au-delà de quelques minutes. Faites suivre ou précéder les aspects théoriques d’exemples ou d’une démonstration, sollicitez les réactions et répondez aux questions, et n’oubliez pas que vous allez susciter l’attention si chacun se sent concerné par le sujet et par la façon dont il est présenté.

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2. DÉVELOPPER SON DÉTECTEUR DU RAPPORT

Le rapport de confiance n’est pas un état qu’on atteint une fois pour toutes, mais bien un processus en constant changement. Il est donc primordial de développer d'abord votre sensibilité et votre sens de l’observation afin d’évaluer si vous êtes en contact ou non, puis assez de flexibilité pour vous adapter aux différentes situations.  Votre auditoire communique constamment avec vous et vous fournit de nombreux indices qui vous informent sur l’effet que produit votre communication.  En tant qu'animateur, vous devrez donc apprendre à observer, à interpréter et surtout à tenir compte des indices visuels, auditifs et kinesthésiques que vous fournissent constamment les personnes devant vous pour vérifier si votre message est compris.  

Mais comment savoir si l'on est en rapport ou non? Cela dépend de chacun. Plusieurs vont parler de bien-être ou inversement d’inconfort pour décrire ce qu’ils ressentent quand le contact est établi ou rompu avec le groupe. C’est à vous d’identifier personnellement ce qui vous fait dire, voir ou ressentir qu’il est créé ou non.

La meilleure façon de le trouver, c’est de revenir en esprit à une expérience dans laquelle vous étiez certain d’avoir été en contact avec un groupe de personnes. Que voyiez-vous à ce moment? Qu’entendiez-vous? Que ressentiez-vous? Prenez le temps de bien répondre à ces questions, car elles vous renseignent sur les éléments concrets qui vous amènent à dire que le rapport est créé. Ensuite, revenez à une situation de groupe dans laquelle le contact n’était pas établi, selon vous. Que voyiez-vous à ce moment? Qu’entendiez-vous? Que ressentiez-vous? En comparant vos réponses, vous allez trouver les éléments qui composent votre propre détecteur de rapport.

Peu importe de quoi est fait le vôtre, vous devez être attentif aux signaux d’alarme qu’il vous envoie au sujet de la baisse ou de la perte du contact avec le groupe en entier ou avec un de ses membres. Même si vous commencez avec une qualité très haute de rapport, il est courant que cette qualité baisse et que le rapport soit même rompu quand des difficultés surgissent (incompréhension de la matière, distraction, etc.). Il est crucial alors pour l’animateur de le recréer rapidement, sous peine de perdre complètement l’attention du groupe et donc d’échouer à transmettre son message. Il s’agit alors de se synchroniser à nouveau sur le groupe d’une façon ou d’une autre, parfois même en s’arrêtant complètement pour s’informer de ce qui se passe. Quand le rapport est rétabli, continuez à avancer vers votre objectif.

3. DÉVELOPPER SA FLEXIBILITÉ

Le formateur est responsable du résultat de sa communication. S’il constate que les moyens qu’il a utilisés ne fonctionnent pas, il devra être assez flexible pour essayer autre chose. Les pauvres résultats de certaines communications publiques s’expliquent parfois par le fait que le formateur n’ose pas utiliser d’autres moyens lorsque ceux qu’il emploie ne fonctionnent pas. Plutôt, il persiste à faire encore d’avantage ce qu’il faisait, récoltant forcément ainsi les mêmes résultats.

Une des caractéristiques des bons communicateurs, c’est justement leur capacité à considérer un échec comme un résultat qui les renseigne éventuellement sur ce qu’ils devront changer dans leur action pour atteindre l’objectif qu’ils se sont fixé. La nuance est très importante.

Lorsque quelqu’un considère le résultat de son action comme un échec, il est porté à chercher un coupable. Il blâmera par exemple son auditoire pour son manque d’intérêt et parfois même son manque d’intelligence ou alors, il se blâmera lui-même, ce qui ne fera qu’empirer le doute de soi, le sentiment de culpabilité, états d’esprits des plus paralysants.

Par contre, en considérant le résultat de son action comme une source d’information, comme un feedback, il peut évaluer ce qui ne fonctionne pas, faire d’autres choix et modifier son approche au lieu de jeter le bébé avec l’eau du bain. C’est sans doute ce que voulait dire Thomas Edison lorsqu’il disait, après plusieurs essais infructueux pour inventer l’ampoule électrique: Je ne me décourage pas, car chaque tentative qu’on laisse derrière soi constitue un pas en avant.

Profitez alors des moments que vous avez entre deux rencontres pour évaluer votre démarche à la lumière des observations que vous aurez faites pendant le déroulement de la formation et n’hésitez pas à la modifier, même si cela implique que vous allez procéder différemment dans ce groupe que dans ceux que vous avez déjà rencontrés. Il n’y a pas qu’un chemin pour atteindre vos objectifs avec un groupe.

Nous pourrions presque dire: si ce que vous faites ne fonctionne pas, essayez autre chose... n’’importe quoi d’autre est préférable à ce que vous faites actuellement qui n’est pas efficace. Si les êtres humains étaient des machines, cela n’arriverait pas. Une approche qui fonctionne avec un groupe de personnes fonctionnerait avec n’importe quel autre groupe. Mais tel n’est pas le cas, et il est beaucoup plus facile de vous adapter à votre auditoire que d’essayer d’adapter tout un groupe à vous.

Si, donc, les moyens que vous utilisez ne fonctionnent pas, ne vous obstinez pas; faites autre chose. Quand vous ne trouvez plus quoi faire, c’est le temps d'aller chercher de l'information ailleurs, de prendre une formation, de trouver quelqu’un qui réussit ce que vous voulez atteindre, un modèle en quelque sorte, d’identifier ses stratégies, de voir les moyens d’action qu’il prend et d’augmenter ainsi votre répertoire de moyens.

4. SE PLACER DANS UN ÉTAT INTERNE FAVORABLE

Le trac et la nervosité sont des états d’esprit fréquents et constituent probablement un des pires ennemis à l’établissement d’un rapport efficace avec un groupe. Nous allons donc, en terminant, nous attarder brièvement sur ce sujet et sur les moyens dont dispose le formateur pour vaincre ces obstacles et provoquer en lui un état d’esprit favorable au travail avec le public. Beaucoup de choses ont été dites sur ce sujet, mais nous aimerions en terminant vous laisser deux outils concrets pour favoriser en vous des états d’esprit dynamisants: le cercle d’excellence et le recours à la physiologie.

 

Le cercle d’excellence

Plutôt que de concentrer son attention sur l’état d’esprit paralysant qu’il veut enrayer et essayer par tous les moyens de ne pas sentir ce qu’il ressent (une contradiction qui équivaut pour le cerveau à essayer de ne pas penser à la couleur bleu...pour ce faire, il doit forcément penser à bleu), le formateur devrait plutôt orienter son attention sur l’état d’esprit qu’il désire (confiance en soi, assurance, enthousiasme, etc) et apprendre à entrer en contact avec des expériences récentes ou passées dans lesquelles il vivait de tels sentiments afin de s’en servir comme états-ressources. Vous pouvez aussi utiliser cette même technique pour provoquer en vous d’autres états d’esprit que vous jugez nécessaires pour rendre vos communications encore plus efficaces (Note 5).

LE CERCLE D'EXCELLENCE

Voici une démarche qui vous permettra de vous servir de VOS états-ressources pour créer l’état d’esprit dont vous avez besoin (note 4).

  1. Placez-vous debout, et retournez en pensée à un moment de votre vie où vous ressentiez intérieurement un sentiment puissant de confiance en vous, un moment où vous étiez très sûr de vos moyens. Reprenez contact avec ce moment et revivez-le le plus intensément possible, comme si vous y étiez. Que voyiez-vous dans cette situation? Qu’entendiez-vous? Vous disiez-vous quelque chose à vous-même ou quelqu’un vous disait-il quelque chose de particulier? Ressentez le plus possible la confiance que vous aviez à ce moment. Tenez-vous comme vous vous teniez à ce moment.
  2. À mesure que vous sentez la confiance monter en vous, imaginez un cercle coloré sur le plancher autour de vous. De quelle couleur voulez-vous qu’il soit? Souhaiteriez-vous qu’il émette un son ou une vibration douce qui indiquerait sa puissance? Quand votre sentiment de confiance est à son plus fort, sortez du cercle en y laissant ces sentiments de confiance. Prenez le temps de créer une image de ce cercle qui vous convienne. Il pourra être nécessaire d’entrer et de sortir plusieurs fois du cercle pour bien ressentir ce sentiment de confiance et l’associer au cercle.
  3. Pensez maintenant à un moment spécifique dans le futur où vous voudrez ressentir ce sentiment de confiance en vous. Voyez et entendez ce qu’il y aura là juste avant le moment où vous voudrez vous sentir confiant. Ce pourrait être de voir la porte d’entrée de la salle où se tiendra la formation, ou d’entendre quelqu’un vous présenter à l’auditoire... Soyez certain de choisir un moment qui surviendra avant de commencerer à vous sentir mal.
  4. Aussitôt que ces éléments sont clairs dans votre esprit, réintégrez le cercle et ressentez ces sentiments de confiance à nouveau. Imaginez la situation future se déployant autour de vous avec ces sentiments de confiance en vous.
  5. Vérifiez maintenant les résultats en sortant à nouveau du cercle et en y laissant encore une fois vos sentiments de confiance. Si vous avez bien réussi l’enchaînement, le seul fait de penser au moment que vous avez choisi sera suffisant pour vous faire éprouver le sentiment de confiance. À l’extérieur du cercle donc, prenez un moment pour penser à l’événement à venir. Vous allez constater que vous vous rappelez automatiquement de ces sentiments de confiance. Vous vous êtes en quelque sorte programmé pour cet événement futur et vous y répondrez avec plus de confiance lorsqu’il sera là. Sinon, revenez en arrière pour trouver le maillon faible et le renforcer.
 

 

La physiologie

Notre physiologie s’accorde avec notre état intérieur, puisque le corps et l’esprit font partie d’un même système. L’esprit affecte le corps et le corps affecte l’esprit. Cela implique donc, non seulement que nous modifions notre physiologie en modifiant notre état d’esprit, mais également que nous modifions notre état d’esprit en modifiant notre physiologie. La formule anglaise Emotion is created by motion (l’émotion est créée par le mouvement) rend bien compte de cette réalité.

Concrètement, cela signifie que lorsque vous voulez vous placer dans un état interne donné, vous pouvez volontairement vous mettre en mouvement et adopter la physiologie correspondant à l’état désiré. Vous allez ainsi provoquer rapidement en vous un changement d’état d’esprit.

Par exemple, avant une rencontre, le simple fait de prendre une démarche confiante, de redresser les épaules, de sourire, de faire comme si vous étiez sûr de vous et disponible fera en sorte que vous allez instantanément provoquer l’état intérieur dynamisant nécessaire pour bien faire votre travail.

Chaque état d’esprit a sa physiologie correspondante. La façon dont vous bougez les muscles de votre visage, vos gestes, votre façon de marcher, le rythme de votre voix, votre façon de respirer, tous ces éléments déterminent la façon dont vous vous sentez. Si vous voulez vous sentir détendu, sûr de vous, motivé, enthousiaste, déterminé, joyeux, plein de vitalité, changez votre façon de bouger, de respirer. L’effet sera plus immédiat que de vous répéter sans cesse Il faut que j’arrête d’être nerveux et vous sortirez plus rapidement d’un état d’esprit paralysant.

Voilà un moyen efficace qui est souvent suffisant pour vous donner l’élan nécessaire pour entreprendre votre formation sur le bon pied. C’est ce que font les meilleurs artistes avant un spectacle, les meilleurs communicateurs avant de rencontrer le public, les meilleurs athlètes avant une compétition... (Note 6)

CONCLUSION

Fort probablement que plusieurs de ceux qui ont à faire de la formation dans le cadre de leur travail utilisent déjà volontairement ou involontairement plusieurs des outils de communication dont il a été ici question. Le seul fait d’en prendre conscience leur permettra probablement de les mettre en pratique de façon encore plus efficace. Pour d’autres, il s’agit peut-être de notions nouvelles et nous souhaitons qu’elles leur donnent les moyens d’exceller encore davantage dans leurs interventions.

Il y aurait encore beaucoup à dire, par exemple, sur la façon de faire face aux objections, sur les manières de formuler des objectifs et d’amener les participants à formuler chacun les leurs, sur la façon de terminer une formation et de faire un pont vers l’avenir avec son auditoire, sur les styles d’animation, etc. Mais nous avons surtout voulu insister ici sur l’importance d’établir et de maintenir un solide climat de confiance dans notre relation avec les membres d'un auditoire, tant par nos qualités humaines que par notre compétence et notre connaissance du sujet. Là comme ailleurs, c’est la pratique qui développe l’excellence. Il n’y a pas d’échec...que des résultats!

Notes

1. Relire à ce sujet notre article La magie du contact.

2. Pour une explication détaillée de ces modes, voir DOVERO, Marc et GRÉBOT, Élizabeth (1992). Enseigner, former, conseiller avec la PNL. Éd. ESF. Paris.

3. Voir aussi notre texte Écouter pour s'entendre (Pdf).

4. Tiré de LABORDE, G. (1984). Influencer avec intégrité. Interéditions. Paris.

5. Vois aussi notre texte Comment modifier des états d'esprit paralysants et en provoquer de plus aidants.

6. Voir aussi notre texte Le pouvoir de la physiologie : faire comme si et se prendre au jeu.

 

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