Nous avons déjà parlé ailleurs (Plaisir et motivation au travail) de sept besoins dont la satisfaction assure notre satisfaction et même notre bonheur au travail: le confort, la variété, la reconnaissance, la communication, la contribution, l’influence et le sens. Mais si la sagesse c’est de savoir ce qu’il faut faire, la vertu c’est de passer à l’acte. Voici donc quelques suggestions pratiques et humoristiques qui, mises en application, devraient vous permettre d’agrémenter votre travail et, éventuellement, celui de vos collègues. Comme vous le constaterez, ces suggestions concernent surtout les besoins de variété, de communication et de reconnaissance, trois des besoins les plus fréquemment mentionnés par les personnes au travail.
- Dans votre routine, trouvez du temps pour une pause humour (variété, communication). À première vue, voir des employés plaisanter ensemble au travail peut sembler non productif. Au contraire, utilisé adéquatement, l’humour aide chacun à bien faire son travail, permet de ventiler de façon acceptable les inévitables frustrations et de garder le contrôle sur son agressivité, particulièrement lorsqu’on est au service à la clientèle ou quand notre travail est répétitif et ennuyant. De plus, quand on est nouveau venu dans un milieu de travail, l’humour crée un pont avec des personnes qu’on ne connaît pas en offrant une expérience commune. J’ai bien dit une pause humour et non une pause ragot pendant laquelle on dit du mal de quelqu’un pendant son absence. Casser du sucre sur le dos d’un absent – bitcher en bon québécois – n’apporte jamais rien de bon dans une équipe de travail (ou ailleurs) et me semble un peu lâche finalement. Préférez plaisanter sur l’absurdité de la vie, sur vous-même, sur votre inexpérience peut-être, tout en évitant de vous rabaisser professionnellement.
- Prenez le temps de demander à ceux que vous rencontrez comment se passe leur journée (communication). Cela prend 2 secondes et c’est la meilleure façon de rester connecté. Si vous voulez aller plus loin, demandez Comment se passe ta journée sur une échelle de 1 (très mal) à 10 (super bien)? Si la personne vous répond 2 ou 3, elle a peut-être besoin d’être écoutée un peu plus. Vous n’avez pas le temps? Proposez-lui de prendre du temps un peu plus tard si elle le souhaite pour en parler un peu.
- Constituez une trousse de premiers soins d’humour (variété). À garder dans votre tiroir de bureau. Placez-y des choses qui vous font rire ou vous font vous sentir bien (nez de clown, photos de voyages, de vos enfants, objets significatifs, etc). À utiliser au besoin. Pour dédramatiser les situations, ou quand le stress trop élevé, portez-votre nez de clown. L’effet sur les autres est instantané (particulièrement quand on est pris dans un bouchon sur l’autoroute). Si vous êtes trop timide, allez aux toilettes, mettez votre nez de clown et regardez-vous dans le miroir en vous demandant « Est-ce que c’est vraiment si sérieux que ça? » Si la réponses est OUI, c’est que c’est effectivement très sérieux.
- Décidez de cinq choses que vous pourriez faire différemment aujourd’hui (variété). Le plaisir est souvent le moment présent et varier sa routine rend plus conscient de son environnement et de ce que l’on fait. Pensez à quel point on est bien en voyage quand on découvre des paysages et des lieux pour la première fois. Allez dîner avec quelqu’un d’autre, entrez par une autre porte, visitez des territoire non-familiers… En plus, c’est propice à la créativité et aux nouvelles idées. Nous sommes des êtres d’habitude et nous avons tous besoin d’une certaine routine (confort). Mais il arrive parfois que nous soyons tellement sur un mode automatique à notre travail que nous nous privons de ce que peut renfermer le moment présent (Vision tunnel).
- Adoptez une attitude de jeu (variété). Ayez l’esprit ouvert aux pensées ridicules, irrévérencieuses. Retrouver l’enfant en soi ne veut pas dire être puéril, mais plutôt retrouver sa spontanéité, son imagination, sa créativité.
- Recherchez la compagnie des gens de plaisir (variété, communication). J’ai toujours pensé qu’on devrait payer ces gens-là plus cher! Quand j’étais encore dans l’enseignement, j’allais régulièrement faire un tour au bureau des techniciens en audio-visuel où j’étais certain de trouver une équipe de gars drôles, sains et qui avaient le don de me faire me sentir bien. Et il y avait parmi eux un bon raconteur d’histoire, tellement bon qu’il pouvait nous raconter la même histoire deux fois et nous faire rire tout autant. On devrait toujours avoir des gens comme ça dans son réseau.
- Appelez les gens que vous aimez, à la maison ou ailleurs, si possible 1 fois par jour (communication). Un simple appel rapide (ou un texto) pour dire que vous vous préoccupez d’eux et pour demander comment ça va. Cela ralentit le rythme, renforce le sentiment d’être connecté et replace le travail à sa place à côté de valeurs parfois plus importantes encore.
- Faites un album de photos amusantes avec des gens de votre équipe (variété, communication). Affichez-les sur votre babillard ou à côté de la machine distributrice. Une équipe de travail que j’ai rencontrée m’a envoyé une photo de leur groupe dans laquelle chacun porte un nez de clown en faisant la grimace. À mettre dans sa trousse d’humour (voir 3).
- Ne répandez de rumeurs au travail (confort, communication). Surtout à propos de quelqu’un qui n’est pas là pour se défendre (voir 1). Voilà sans soute un des meilleurs conseils qu’on peut donner pour favoriser l’harmonie et le plaisir au travail. Les rumeurs vont bon train en situation de changement, mais ne font que contribuer à inquiéter et à augmenter notre stress et notre sentiment d’impuissance. Quand vous avez le goût de répandre une rumeur, demandez-vous: est-ce que mon information est vraie (vérifiée), utile et fait-elle du bien? Si vous répondez Oui à ces trois questions, alors allez-y!

- Donnez régulièrement de bons feedbacks aux autres (communication, reconnaissance). Cela alimente l’esprit d’équipe et la solidarité. Pourquoi ne pas donner une ovation debout à un(e) collègue qui a fait un bon coup, qui revient de congé ou qu’on est simplement heureux de savoir là? Ou encore se la donner mutuellement dans l’équipe à la fin d’une journée ou d’une semaine? Et acceptez les feedbacks positifs qu’on vous donne. Au lieu de répondre C’est normal ! dire tout simplement Merci ! et mettre ça dans notre compte en banque d’estime de soi.
- Faites quelque chose d’aimable pour quelqu’un qui ne s’en attend pas (communication, reconnaissance, variété). Par exemple, envoyer un bouquet de fleurs à la réceptionniste, sans carte, et sans raison particulière, juste pour le plaisir de lui souligner votre appréciation. Pourquoi attendre la semaine des secrétaires! La bonté est contagieuse et a souvent un effet boomerang.
- Prenez l’initiative d’accueillir les nouveaux collègues qui arrivent (communication, confort, reconnaissance). Présentez-vous et présentez-les à la ronde plutôt que de vous dire Bah! C’est le travail des RH.
- Écrivez vos injures préférées, et numérotez-les (variété, communication). Quand quelqu’un vous fait suer, au lieu de refouler ou d’aller casser du sucre sur son dos à quelqu’un d’autre, dites: Écoute! Je voulais te dire… euh… deux! Avec un peu de quatre! Une bonne façon de vider l’agressivité de façon acceptable. Juste de voir l’air interloqué de la personne en avant de vous devrait contribuer à réduire votre frustration. Vous n’êtes pas obligé d’expliquer, mais si votre interlocuteur vous répond Cinq!, c’est qu’il a compris le principe…
- Finalement, osez, soyez aventureux et créateur. Et surtout, quand ça va bien, n’ayez pas honte de le montrer… c’est pas un péché.
Et vous, comment faites-vous concrètement pour alimenter le plaisir au travail dans votre équipe? N’hésitez pas à nous en faire part dans la section Commentaires de cet article afin d’enrichir notre répertoire. Ou écrivez-moi à marcvachon@oserchanger.com.
Marc Vachon
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Allo Élyse, je voulais te partager ce merveilleux article…;-) Bonne journée! ☺
J’utilise beaucoup le cousinage à plaisanterie au service. Dans mon pays (Mali), il existe le cousinage à plainsanterie entre des ethnies et souvent entre des noms de famille dans une même ethnie. Je suis un Peulh et il existe un cousinage entre les Peulh et les Bambara. Donc si un collègue fait des bêtises, je peux le qualifier de Bambara.
Merci