Il n’y a qu’une seule façon d’éviter les critiques: ne dis rien, ne fais rien, ne sois rien. Aristote

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Trouvez vos “tueurs” de motivation

motivation

Se motiver n’est pas toujours chose facile. Chacun de nous pourrait nommer, sans problème, des dizaines de raisons extérieures, toutes plus valables les unes que les autres, qui font que nous avons de la difficulté se mettre en train, au travail, dans les études ou ailleurs. Coupures, restructurations, conditions de travail plus difficiles, rapidité des changements, nouvelles méthodes de travail, multiplication des emplois temporaires ou occasionnels, précarité de l’emploi, moyenne d’âge des travailleurs de plus en plus élevée…. autant de facteurs qui alimentent non seulement les conversations mais qui créent, de façon insidieuse, mais non moins réelle, un sentiment d’impuissance et une crise de la confiance à l’origine de climats pourris et tendus entre les individus, sans parler d’un état psychologique personnel destructeur.

Ces facteurs extérieurs sont sans doute bien réels et nous offrent bien peu de prise, entretenant plutôt le syndrome de la victime, incapable de réagir, paralysée, aliénée, qui attend patiemment son tour à l’abattoir ou qui cherche à fuir dans des dérivatifs, parfois sains, mais parfois aussi dévastateurs.

Il n’est pas dans mon intention de sous-estimer l’importance de ces conditions qui font leur travail de sape sur les esprits des adultes que nous sommes et, par voie de conséquence, sur celui de nos enfants (bien que souvent ce sont ces derniers qui nous indiquent le chemin de la moindre résistance). Cependant, comme pour la plupart d’entre nous le travail continue et continuera à occuper une grande part de nos vies, qu’on le veuille ou non, j’aimerais vous faire part d’outils pour mieux comprendre votre motivation.

Vous n’avez plus de motivation? Mais encore?

Il faut bien comprendre que la motivation est un processus, et non une chose qu’on peut acheter en paquet de 6 dans une grande surface. Quand quelqu’un dit manquer de motivation pour faire son travail, que sa motivation s’est évanouie, qu’il a besoin d’une bonne dose de motivation, cela peut laisser à penser qu’on peut s’en procurer comme on fait le plein d’essence lorsque le réservoir de notre automobile est à sec. La motivation est un état d’esprit, une émotion, au même titre que la tristesse, l’enthousiasme, la curiosité, etc.

De plus, affirmer qu’on n’a plus de motivation, c’est tellement général que ça ne veut rien dire. C’est comme de dire je suis stressé, je suis en colère… Pour s’aider et savoir de quoi on parle, il est donc primordial de questionner cette affirmation afin de la rendre plus concrète, de la relier à ce qui provoque cet état chez moi, en un mot de savoir de quoi il s’agit vraiment pour moi, parce qu’une même affirmation a des sens variés pour des personnes différentes.

Par exemple, pour une première personne, avoir un gros problème de motivation pourra signifier qu’elle a l’impression que son travail ne sert à rien, qu’elle aimerait se sentir plus utile. Dans ce cas, peut-être qu’une de ses valeurs importantes n’est pas respectée ou encore qu’elle a des croyances négatives sur elle-même ou son travail.

Pour une autre personne, ne pas être motivé peut signifier concrètement qu’elle n’a pas d’objectif précis, de but à atteindre.

– Je n’ai plus de motivation pour mes études. Ça ne me dit plus rien! dira-t-elle.
– Qu’est-ce que tu veux dire concrètement?, pourrait-on lui demander.
– Je suis là, assis, en train d’écouter les profs, puis il me semble que ça ne sert strictement à rien.
– Tu ne vois pas l’utilité par rapport à ce que tu veux faire plus tard?
– Ouais…Si au moins je savais ce que je veux faire…

Pour une troisième, manquer de motivation peut vouloir dire qu’elle a de la difficulté à entrer en contact avec les autres, qu’elle se sent à part, isolée.

– J’ai toujours voulu avoir ce poste, et maintenant que je l’ai, ça ne me dit plus rien! pourrait-elle dire.
– Qu’est-ce qui ne te dit plus rien?
– Aller au bureau.
– Qu’est-ce que tu te dis quand tu penses au bureau? Qu’est-ce que tu vois dans ta tête?
– Je me dis: Bon! Encore une journée à écouter les mémérages de tout le monde. Puis là, je vois la face du chef d’équipe, avec son air bête, qui se prend pour un autre.

Ou encore, pour d’autres, manquer de motivation peut signifier qu’ils ne reçoivent pas les encouragements dont ils ont besoin, qu’ils ne trouvent pas de place pour exercer leur créativité dans leur travail, etc.

L’exercice du dictionnaire

Il est donc primordial d’abord que vous sachiez exactement ce que le terme général démotivé veut dire pour vous, car la piste d’action sera différente selon le sens trouvé. De la même façon, je peux bien dire que je me sens stressé, débordé, impuissant, mais qu’est-ce que cela veut dire précisément pour moi? Quelqu’un à côté de moi pourra vivre ces mêmes émotions, mais ce qui les provoque sera différent. Peut-être qu’une de mes valeurs importantes n’est pas respectée (Je me sens traité comme un numéro, bousculé…) ou qu’une de mes certitudes est remise en question (Je n’aurais jamais cru qu’à 40 ans, j’en serais rendu là… ). Peut-être qu’une action ne réussit pas comme je le souhaiterais ou qu’une de mes règles est violée (Il me semble que ça ne se fait pas de déplacer quelqu’un dans un nouveau service, avec de nouvelles tâches, avec des gens qu’il ne connaît pas et qui lui en veulent presque d’avoir fait partir leurs amis… ). Comme vous le voyez, les significations peuvent être aussi différentes qu’il y a d’individus. Commencez par préciser l’état d’esprit que vous éprouvez et tentez de savoir ce qui le provoque.

Un petit exercice peut parfois être révélateur et vous aider à préciser un peu plus. Prenez un dictionnaire des synonymes (en voici un sur Internet) et cherchez des synonymes à “démotivation” pour mieux nuancer ce terme fourre-tout. Vous allez trouver des mots comme: démoralisation, abattement, désespoir, démobilisation, découragement, cafard, affaissement, désespérance…  Disons que vous trouvez que “découragement” décrit mieux votre état d’esprit actuel. À nouveau, trouvez des synonymes de découragement: vous allez trouver lassitude, accablement, tristesse, désespoir, désespérance, abattement, désappointement, consternation, désenchantement, déception. Cette recherche vous aidera peut-être à préciser ce que vous voulez dire quand vous dites que vous êtes démotivé et vous mettra peut-être sur la route de vos sources privilégiées de motivation, de ce que ça vous prend pour vous sentir motivé.

Pour en savoir un plus sur l’importance de préciser ses émotions négatives et de les relier à quelque chose de personnel, je vous invite à écouter cet extrait d’une entrevue que j’ai donnée à une émission radiophonique.

Quels sont vos tueurs de motivation?

Dans mes ateliers sur le thème de la motivation, je commençais toujours par une question qui, si elle pouvait faire rire, n’était pas moins efficace pour mettre les participants et participantes sur la piste d’un ou de plusieurs besoins personnel qui n’est pas satisfait: Pouvez-vous identifier quelques tueurs de votre motivation? J’ajoutais qu’un tueur n’est pas nécessairement une personne… Je vous invite à faire la même chose et à écrire toutes vos réponses sur un papier. Ces réponses vous aideront à réaliser que votre motivation est reliée à la satisfaction de certains besoins personnels, besoins universels qu’ont tous les êtres humains, mais à des degrés différents.

Une deuxième question vous aidera à préciser encore davantage vos sources de motivation et apportera des confirmations aux besoins que vous avez trouvés: Qu’est-ce qui fait que je me sens motivé au travail (ou dans mes études ou ailleurs)?

Rappelez-vous que la motivation vient de la satisfaction de nos besoins primordiaux et cette satisfaction agit comme un élément important de protection contre le stress. Je précise ces besoins dans un autre article (Plaisir au travail… comment c’est possible) où je fais le lien entre le plaisir et la satisfaction au travail et sept besoins; le confort (la certitude), la variété (l’incertitude), la reconnaissance (la valorisation), la communication, la contribution, le pouvoir (l’influence) et le sens. Je vous y réfère pour mieux comprendre la signification de chacun d’eux et évaluer si les réponses que vous venez de donner ne pourraient pas vous révéler des besoins qui sont (ou ne sont pas) satisfaits et qui expliquent que vous êtes (ou n’êtes pas) motivé. Vous trouverez d’ailleurs dans ce même article plusieurs questions qui vous aident à évaluer votre satisfaction personnelle de chaque besoin.

J’ajouterais à cette liste un huitième besoin qui est celui de grandir, de se réaliser, d’apprendre, de s’épanouir. Selon moi, tout doit grandir ou mourir. une personne qui arrête de grandir, dans son milieu de travail, dans son couple ou ailleurs se meurt tranquillement.

Les besoins à satisfaire pour être motivé

Maintenant, comme ces besoins n’ont pas la même importance pour chacun, il n’est pas inutile de donner un ordre de priorité à cet huit besoins. Reprenez donc la liste ci-dessous, et à côté de chacun, écrivez un chiffre de 1 à 8, classant ainsi ces besoins du plus important au moins important pour vous. Selon les environnements (vie personnelle et vie professionnelle),  votre ordre de priorité pourra être différent.

  • Confort   ___
  • Variété ___
  • Reconnaissance ___
  • Communication ___
  • Pouvoir, influence ___
  • Contribution ___
  • Sens___
  • Grandir (se réaliser)___

motivationUne autre façon de procéder, c’est de choisir les 4 besoins qui sont les plus importants pour vous (vos éléments de protection). Par exemple, dans la figure que vous voyez ici, une personne choisit les besoins Reconnaissance, Confort, Variété et Communication. Choisissez les vôtres et placez les sur un cercle divisé en 4 parties. Voyez ensuite comment ces 4 besoins sont satisfaits dans le milieu de vie que vous voulez examiner. Ainsi, imaginez que le centre correspond à 0% de satisfaction et et que la périphérie du cercle correspond à 100% de satisfaction. Tracez ensuite une ligne qui correspond à votre niveau personnel de satisfaction de chacun des 4 besoins dans le milieu choisi.

Il est bien certain que si un besoin que vous valorisez le plus n’est pas satisfait, la démotivation sera plus grande. C’est ce qui explique un peu que, dans un même milieu de travail, avec les mêmes conditions, une personne pourra souffrir de ne pas avoir de marge de manœuvre, de ne pouvoir prendre des initiatives (besoin d’influence, de pouvoir dans les plus importants) alors que la personne de notre exemple n’en souffre pas du tout (besoin d’influence, de pouvoir est beaucoup moins important) mais éprouvera beaucoup plus de difficulté au fait d’être isolée (besoin de communiquer, de se relier dans les plus importants et peu satisfait d’après notre exemple.

En terminant, c’est certain que comprendre vos sources de motivation n’est pas tout. Mais cela rendra peut être plus claires (pas nécessairement plus faciles) les décisions que vous devez prendre par la suite. Et il n’est certainement pas inutile non plus de vous demander si vos critères (règles) de satisfaction de vos besoins importants sont accessibles et réalistes, s’ils sont sous votre contrôle et s’ils sont faciles ou impossibles à rejoindre.

À LIRE: Heureux ou malheureux? Trouvez vos règles.

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