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La confiance en soi et la rupture amoureuse

La confiance en soi est un analgésique de la rupture amoureuse, car elle permet d’atténuer la douleur de la séparation. 

Être deux….

Être deux implique indéniablement une relation qui se tisse autour de deux corps, de deux âmes - blessées ou pas -, de deux passés - douloureux ou non - et de deux styles de raisonnements.

Être deux nécessite un contrat de communication entre deux types d’amour propre et d’égo.

Être deux suppose la convergence de deux forces aimantes – de nature diverses - pour surmonter les défis de couple.

Être à deux relève en quelque sorte de l’art vestimentaire, au sens où il faut accepter d’agencer ses susceptibilités respectives pour se protéger contre les intempéries inhérentes à la vie de couple. Il faut aussi accepter d’agencer les couleurs de sa personnalité à celles de l’autre pour former un tout unifié qui met le couple à l’abri de commentaires ou d’actes malveillants.

Être à deux relève de l’art vestimentaire au sens aussi où il est possible de s’enorgueillir du choix de son partenaire, de s’emmitoufler de la douceur de ses paroles et de la chaleur de ses gestes pour réchauffer l’âme humaine. 

Être à deux laisse entendre, humilité, flexibilité, patience, indulgence et considération; et être deux suppose bien être, bonté et amour profond. 

La dure réalité

Une majorité écrasante de jeunes adultes restent enfermés dans des relations amoureuses qui leur font du mal et qui altèrent leur mode de fonctionnement habituel au plan familial, social et académique. Plusieurs d’entre eux sont pris avec des partenaires qui font ressortir leur côté sombre, suscitant en eux angoisse, colère voire dépression.

Les jeunes qui sont pris dans ce carcan, souffrent pour la plupart d’entre eux d’un manque d’estime de soi associé à une insécurité et une carence affective. Celles-ci les contraignent à demeurer dans une dynamique relationnelle souffrante qui leur donne l’illusion de bénéficier d'un lien affectif significatif dont ils sont tant à la recherche depuis plusieurs années.

 Ce qu’il faut savoir

Cette douleur tant appréhendée, c’est celle de se sentir « abandonnable », rejetable.  C’est celle qui ébranle le centre de gravité de leur existence, à savoir le sentiment de valoir quelque chose, le sentiment de mériter de l’amour et de la considération, le sentiment d’être utile pour l’autre. Le rejet vécu dans la séparation est perçu par un jeune adulte comme une étampe attestant officiellement le fait « qu’il ne vaut pas grand-chose » et qu’il ne mérite pas que l’on fasse des compromis pour lui, que l’on se batte pour préserver la relation avec lui.

Or, vivre une séparation ne doit pas être associée à de tels ressentis. Accepter ou demander la séparation, c’est reconnaître l’échec de l’enchevêtrement de deux personnalités, de deux modes de fonctionnement et de raisonnem

Pour en arriver à ce stade de réflexion, il est important de ralentir, de faire l’effort de se consacrer du temps pour soi pour s’accorder des moments d’introspection. Quels sont mes valeurs, mes croyances, mes fondements spirituels, ma singularité, mes limites, mes forces? Sont-ils étouffés par cette relation, ou au contraire, mis de l’avant? Puis-je être moi-même tout en me sentant en sécurité dans cette relation? Puis-je accepter la différence de l’autre sans avoir l’impression d’abandonner la mienne? Ai-je choisi un partenaire qui puisse faire preuve de flexibilité et comprendre qu’une relation est évolutive? 

La confiance en soi

Pour pouvoir répondre à ces questions avec honnêteté et permettre ainsi des prises de décisions réfléchies, il est important d’avoir confiance en soi, confiance en notre valeur. Voilà pourquoi je soutiens que la confiance en soi est un analgésique aux ruptures amoureuses, car elle permet d’atténuer la douleur de la séparation telle que définie précédemment. 

La confiance en soi, c’est ce ressenti global qui permet à un individu d’être convaincu qu’il est en mesure de déployer des mécanismes d’adaptation qui lui sont propres et singuliers pour faire face à une difficulté. Mais cela n'est pas suffisant ! Les stratégies déployées à cet effet doivent être valorisées et reconnues comme étant efficaces par les personnes qui lui sont chers et importantes à ces yeux. 

La confiance en soi: un processus

Le développement de la confiance en soi est un processus qui s’amorce dès l’enfance en relation, d’abord, avec les parents. J’insiste sur le mot d’abord, car les parents demeurent pour l’enfant ses premiers modèles et les premières personnes qui jouent un rôle significatif dans son processus développemental.  

J’ai déjà expliqué ailleurs comment un parent peut aider un enfant à avoir confiance en lui (voir L’effort et la difficulté, deux pivots de la réussite scolaire où je vous présente trois étapes inhérentes au développement de la confiance en soi.).

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Myriam Tahiri Hassani
 

Myriam Tahiri Hassani est Docteure en psychologie de l’éducation. Elle travaille en clinique privée auprès des enfants et adolescents et de leur famille, selon une approche cognitivo-comportementale et systémique. Elle est également chargée de cours à l’Université de Québec à Montréal où elle enseigne les cours Psychologie de la famille et Psychologie et immigration. Elle est l'auteure de Papa, maman…je suis bouche bée et tout ouïe.

  • Avatar Charisme Développement dit :

    Super article Myriam, j’ai beaucoup aimé votre vision de la confiance en soi en tant qu’un processus, merci pour cet article !

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