Pratiquer l’art de la gentillesse: un livre de Piero Ferrucci

Alors même que les râleurs et les chroniqueurs d’humeur ont la cote, il semble que la gentillesse revient au goût du jour. Ainsi, en 2008, un prestigieux cancérologue suédois, Stefan Einhorn, a publié  L’art d’être bon (Édition Belfond, Collection L’esprit d’ouverture) qui s’est retrouvé dans les classements de meilleures ventes en France (un best-seller vendu à 200 000 exemplaires en Suède et traduit dans quinze pays). Cet ouvrage a déjà séduit plusieurs centaines de milliers de personnes avec son slogan Osez la gentillesse ! Un livre dans lequel l’auteur démontre que la bonté envers les autres, loin d’être un signe de faiblesse, est la clef d’une vie réussie. Il y rapporte plusieurs études scientifiques pour appuyer ses dires et parle de la nécessité urgente de la bonté, de l’empathie, du courage comme un nouvel art de vivre.

J’ai lu aussi avec beaucoup d’intérêt L’art de la gentillesse du philosophe et psychologue Piero Ferrucci qui a travaillé étroitement avec Roberto Assagioli en psychosynthèse. Comme le 13 novembre, c’est la Journée mondiale de la gentillesse (The World Kindness Day), je profite de l’occasion pour vous parler brièvement de ce livre paru en 2007 (Robert Laffont, Collection Réponses) et préfacé par sa Sainteté le dalaî-lama pour qui « il est clair (…) que notre survie, même encore aujourd’hui, dépend des actes et de la gentillesse d’un grand nombre de personnes. »

L’art de la gentillesse

Piero Ferrucci rapporte, lui aussi, de nombreuses recherches scientifiques qui montrent que « les personnes gentilles sont plus populaires et plus productives que les autres; elles ont plus de succès dans les affaires; elles se sentent plus heureuses; elles ont une meilleure qualité de vie, et elles se révèlent finalement être plus fortes. » (pp. 12-13). Mais selon l’auteur, si les recherches qui nous montrent les bénéfices à tirer de la gentillesse nous aident à comprendre qui nous sommes et comment nous sommes faits, elles s’avères « inutiles comme élément moteur, puisque le seul véritable moteur de la gentillesse ne peut être que le désir de venir en aide aux autres, la joie de se montrer généreux et de participer à la vie des autres. » (p. 14).

L’auteur nous prévient toutefois de la fausse gentillesse, « la courtoisie intéressée ou superficielle, la générosité calculée, les bonnes manières extérieures recouvrant un égoïsme glacé, (…) la gentillesse à contrecœur » (p. 16) et la gentillesse qui dissimule de la colère, que nous appelons dans notre jargon psychologique la formation réactionnelle et qui permet de dissimuler nos vrais sentiments en exprimant souvent avec exagération le contraire de ce que nous ressentons (les gens trop gentils).

L’auteur fait ainsi de la véritable gentillesse le point de départ de plusieurs qualités positives telles que l’honnêteté, le pardon, la patience et la générosité. Chaque chapitre se consacre ainsi à une qualité: la franchise; le pardon (ou vivre dans le présent); la chaleur (la température du bonheur); le sentiment d’appartenance; la confiance; l’empathie; l’attention; la modestie; la patience; la générosité; le respect; la flexibilité (s’adapter ou périr); la loyauté; la mémoire; la gratitude; la serviabilité; la joie.

J’ai adoré chacun des moments que j’ai passés avec Piero Ferrucci dont le message  est clair: il est urgent de changer nos rapports avec les autres et nos modes de fonctionnement quotidien, car « nous nous trouvons aujourd’hui au milieu d’un refroidissement généralisé. Les rapports humains sont moins chaleureux; les occasions de se rencontrer moins nombreuses; les contacts plus hâtifs et plus impersonnels. On accorde moins d’importance à la chaleur humaine et à la simple présence, alors qu’on valorise l’efficacité et le profit. Les bonnes manières déclinent. L’affection, l’amitié, en pâtissent et sont moins durables. » (p. 19).

Et de rappeler la déclaration de l’écrivain anglais Aldous Huxley, lors d’une de ses conférences: « Les gens me demandent souvent quelle est la technique la plus efficace pour améliorer sa vie. Il est un peu embarrassant qu’après des années et des années de recherches et d’expérimentation je doive conclure que la meilleure réponse à cette question est: Soyez juste un peu plus gentil. »

Un livre à mettre absolument sur votre table de chevet. Voyez également l’excellent dossier de Psychologies Magazine sur la Journée mondiale de la gentillesse où vous pourrez aussi mesurer dans un petit test si vous êtes un vrai gentil.

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