Solidarité: quelques gestes qui tissent des liens

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solidaritéTout groupe humain prend sa richesse dans la communication, l’entraide et la solidarité visant à un but commun: l’épanouissement de chacun dans le respect des différences. (Françoise Dolto)

Dans nos nombreuses rencontres avec des groupes dans divers milieux de travail, nous  demandions aux participants de nommer les états d’esprit qui les aideraient à passer plus facilement à travers le quotidien et tous les bouleversements. Ils nous répondaient: l’entrain, l’enthousiasme, la créativité, l’assurance, la confiance, l’humour, le détachement, la curiosité, la gentillesse, la valorisation, le respect, etc. Et un mot revenait souvent sur leurs lèvres, comme un souhait: la solidarité. La nécessité de développer, entre collègues, une plus grande entraide, de se serrer les coudes, de s’appuyer, de cesser d’être en constante compétition. En fait, ce dont les gens ont probablement le plus besoin finalement, c’est d’être bons les uns avec les autres (La bonté est contagieuse).

Solidarité: des gestes au quotidien

Mais que veulent dire les mots solidarité et entraide au quotidien? Nous pourrions nous gargariser de grands mots, mais nous avons demander à ces mêmes groupes de travailleurs et travailleuses de répondre à cette question. Et ils nous ont répondu par de petites et de grandes choses qui ont chacune leur importance et qu’il n’est pas mauvais de se rappeler.

  • Dire S’il-vous-plaît! Merci! Bonjour! Bonsoir! et entendre quand une autre personne me le dit.
  • M’informer comment l’autre va, m’intéresser à ce qui lui arrive.
  • Prendre quelques minutes pour écouter et soutenir l’autre quand il vit des moments difficiles (L’écoute: comment bien et mal écouter).
  • Dire des paroles ou poser des gestes d’encouragement.
  • Apprendre à dire les choses au lieu de ruminer.
  • Dire son sentiment au lieu de critiquer.
  • Accepter que quelqu’un fasse les choses différemment. Comme on dit en bon québécois: «Ce n’est peut-être pas fait pareil, mais c’est fait pareil…»
  • Me donner le droit à l’erreur (être bon avec moi-même) et le donner aussi à l’autre.
  • Quand je reçois une remarque, prendre un peu de recul et aller y chercher ce qui peut m’aider, au lieu de chercher à contre-attaquer. Personne n’est parfait!
  • Partager mon savoir et mon savoir-faire avec les plus jeunes, sans jouer à celui ou celle qui sait tout.
  • Développer la complicité: un clin d’œil et un sourire valent mille mots.solidarité
  • Savoir accueillir les nouveaux dans un milieu, sans penser que l’organisation ou quelqu’un d’autre va le faire.
  • Si jen’ai pas le temps de dire les choses sur le moment, prendre le temps de le faire plus tard.
  • Aller vérifier quand quelqu’un dit ou fait quelque chose que je n’ai pas compris, au lieu de me sentir coupable, frustré, etc.
  • Face à un geste ou une parole que je prends personnellement, comme une attaque, me demander : pourrait-il y avoir une autre interprétation?
  • Savoir rire de moi.
  • Se valoriser mutuellement pour nos bons coups.
  • Apprécier que l’autre soit là et le lui dire: «Je suis content que tu sois là ce matin! J’aime ça travailler avec toi!»
  • Partager une tâche.
  • Poser mes limites et accepter celles des autres.
  • Demander des conseils aux autres, même à un plus jeune
  • M’annoncer: «Je suis libre pour dîner. Qui vient avec moi? » ou «J’ai un peu de temps devant moi. Qui a besoin d’un coup de main?»
  • S’offrir des douceurs, avoir de petites attentions les uns pour les autres.
  • Voir les autres comme des collègues et non comme des compétiteurs; on fait tous partie de la même aventure humaine.
  • Savoir reconnaître le travail de l’autre; ça ne m’enlève rien.
  • Donner aux autres le droit de ressentir ce qu’ils ressentent.
  • S’établir des rituels bien à nous. Pourquoi pas luncher chaque vendredi entre collègues? On apporte un repas particulier qu’on partage ou on va luncher ensemble.
  • Se souhaiter Joyeux anniversaire! Souligner l’événement de façon originale.
  • Faire quelque chose de gentil pour quelqu’un qui ne s’y attend pas. Par exemple, envoyer des fleurs à notre réceptionniste avec une carte mentionnant: De nous tous! Juste pour te dire qu’on t’apprécie!
  • Sourire et regarder l’autre dans les yeux quand je le rencontre.
  • Ralentir mon rythme, mes mouvements pour avoir le temps de voir l’autre quand je le rencontre.
  • Tourner mon corps vers l’autre dans une attitude réceptive.
  • Se donner de bons feedbacks régulièrement et accepter ceux qu’on nous donne. Au lieu de répondre C’est normal! dire tout simplement Merci! et mettre ça dans notre compte en banque d’estime de soi.

Sans doute pourrez-vous tirer profit vous-même de cette liste dans vos différents milieux et la compléter avec des comportements concrets et adaptés à votre travail. Ces gestes sont parfois bien simples et anodins, mais ils manifestent notre attachement et notre solidarité et contribuent à tisser des liens et à créer entre nous un sentiment de bon voisinage.

Le travail change et il n’est pas toujours facile de prendre assez de recul pour voir en avant si ces changements sont pour le mieux. Seul le temps pourra le dire. Quoiqu’il en soit, nous n’avons pas le choix: nous devons, au quotidien, nous aménager un espace de travail qui soit vivable et les collègues de travail constituent une ressource essentielle pour y arriver. Ce que plusieurs sont en train de redécouvrir, c’est ce sentiment de dépendance mutuelle qui existe entre nous et qui devrait nous inciter à nous accorder aide et support.

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