Gestion du temps: l’importance du temps personnel

C’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui rend ta rose importante. Le Petit Prince

Vous travaillez dans un bureau, une usine, un centre hospitalier, une maison d’enseignement, à votre compte, à la maison ou ailleurs ? Peu importe l’endroit, il vous arrive sans doute de vous retrouver vidés, à la fin d’une journée, avec parfois cette fâcheuse impression de n’avoir rien fait qui vaille ou d’avoir été occupés inlassablement à éteindre des feux.

Vous avez été tiraillés entre les téléphones à faire, les courriels à répondre, les rendez-vous, le travail qui s’accumule, le transport qui n’en finit plus, sans compter, pour plusieurs d’entre vous, les exigences multiples de la vie de famille, les commissions, le ménage, et j’en passe. Et le soir, vous avez juste assez d’énergie pour vous écraser devant le téléviseur et pour zapper d’une chaîne à l’autre jusqu’au moment d’aller au lit. Où est le temps personnel dans tout ça, ce temps qui vous permettrait de recharger vos batteries et de mieux relever les défis qui vous attendent ?

Vous avez ça vous, du temps personnel ?

Bien sûr, vous ne pouvez pas toujours décider seul/e la façon dont vous allez investir votre temps. Bien des contraintes vous dictent votre gestion du temps. Mais n’y aurait-il pas place pour des choix personnels ? Ne vous arrive-t-il pas de mettre sur le même plan les tâches qui comptent et celles qui comptent moins, manquant alors de temps et remettant à plus tard un tête-à-tête, une lecture, un voyage, un projet de livre, une « rencontre sur l’oreiller », une soirée entre amis, un spectacle, un hobby, un rêve, que sais-je encore ?

Conséquemment, votre stress augmente, vous puisez dans vos réserves d’énergie, les insatisfactions s’accumulent, la mauvaise humeur s’installe, les problèmes digestifs et les troubles du sommeil apparaissent et… la vie passe. Mais jusqu’à un certain point, le contrôle du temps est entre nos mains. Un bref survol de notre emploi du temps suffit souvent pour nous faire réaliser que notre vie est remplie de fausses urgences qui nous distraient de l’essentiel.

Les trois temps

De façon générale, notre temps d’éveil d’une journée moyenne peut se répartir entre trois types d’activités :

  1. Le premier comprend toute l’énergie que nous devons dépenser pour gagner notre pain, pour « survivre » et pour nous procurer un peu de confort. Selon que nous occupions notre emploi à temps complet ou partiel, nous dépensons entre le quart et la moitié de notre énergie psychique dans ce type d’activités productives.
  2. Ensuite, nous engageons environ le quart de notre temps dans des activités de subsistance (manger, nous reposer, faire notre toilette, etc.) et d’entretien domestique (nettoyer, cuisiner, faire les emplettes, etc).
  3. Le temps qui reste, un autre quart environ, est du temps personnel, du temps que nous pouvons consacrer à notre développement personnel, pour apprendre, créer, etc. Dans notre société, cependant, ce temps libre est surtout occupé par la consommation des médias, la télévision, l’ordinateur (tablette, portable) et la lecture des quotidiens et des magazines. Ce qui reste, entre quatre et douze heures par semaine, est utilisé de façon plus active dans des hobbies, la musique, le sport, l’exercice, le cinéma et le restaurant.

En résumé, donc, notre vie est faite des expériences que nous retirons de notre temps de travail, des activités de subsistance et d’entretien et de tout ce que nous faisons de nos temps libres. D’où l’importance d’employer notre temps personnel de façon à ce que notre vie ressemble, comme disait le philosophe, à une œuvre d’art.

Depuis longtemps, les spécialistes s’intéressent à la gestion du temps et il nous semble pertinent de rassembler ici quelques-unes de leurs idées maîtresses afin de nous aider à mieux profiter de la vie.

Qu’attendez-vous de la vie ?

C’est prouvé, et j’y reviens souvent, le succès vient à ceux qui savent ce qu’ils veulent. En déterminant ce que nous voulons, de façon générale d’abord – comme par exemple Je veux être heureux – et plus spécifique ensuite – Qu’est-ce qui me rend heureux dans les différents domaines de ma vie ? -, nous faisons un grand pas. Non seulement cela donne un sens à notre existence, mais cela nous permet de mieux occuper notre temps parce que nous avons alors des balises pour évaluer si nous investissons notre temps à la bonne place.

Pour une démarche complète pour trouver les domaines importants de sa vie et se donner des objectifs stimulants dans chacun d’eux, je vous réfère à notre livre Oser changer: mettre le cap sur ses rêves. Mais vous pouvez déjà faire ce petit exercice.

1- Écrivez tout ce que vous jugez important de faire pendant l’année qui vient, sans restriction et sans l’évaluer. Par exemple : refaire la cuisine, retourner aux études, déménager, apprendre une langue étrangère, faire la route des vins, marcher sur le chemin de Compostelle, changer d’emploi, etc. Soyez spécifique et concret. Votre liste sera peut-être longue et comprendra beaucoup plus d’éléments que vous êtes capable d’en réaliser. Qu’à cela ne tienne ! Vous résoudrez ces conflits à l’étape suivante.

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2- Élaguez suivant vos valeurs.

Il y a fort à parier qu’au moment de mourir, très peu d’entre nous vont se rappeler avec plaisir les longues heures passées à écouter la télévision ou à surfer sur Internet. Nous allons plutôt regretter de ne pas avoir occupé notre temps à faire des choses épanouissantes. D’où l’importance, dès aujourd’hui, de nous pencher sur nos valeurs.

C’est difficile pour plusieurs d’entre nous de prendre une décision, particulièrement lorsque nous sommes confrontés à des besoins contradictoires. En prenant conscience de ce qui est, présentement, le plus important pour vous (ce que vous valorisez le plus), il vous sera plus facile d’établir des priorités, car vous aurez en tête un outil pour mesurer l’importance relative de vos objectifs. Voici donc quoi faire avec votre liste: Commencez par éliminer les objectifs confus ou irréalistes ou dont la réalisation ne dépend pas de vous. Puis, sélectionnez trois objectifs majeurs en leur donnant la cote A1, A2 et A3. Cette énumération n’est évidemment pas figée dans le ciment, pas plus que la vie, et vous aurez probablement à la réviser périodiquement, pour tenir compte de votre réalité changeante. Mais en cernant ce qu’il y a de plus important dans votre vie présentement, vous pourrez plus facilement passer à l’étape suivante.

3- Prendre conscience.

À différents moments de la journée, quand vous avez des temps libres, demandez-vous: quelle est, présentement, la meilleure façon d’occuper mon temps ? Si vous répondez que c’est de faire ce que vous êtes en train de faire, poursuivez. Sinon, vous avez une décision à prendre : perdre votre temps ou vous mettre en mouvement pour accomplir une activité en relation avec vos priorités (A1, A2, A3).

Le perfectionnisme et la gestion du temps

En raison de la charge de travail qui a bien souvent augmenté, plusieurs personnes doivent modifier leurs règles quant à l’accomplissement de certaines activités au travail. J’ai souvent entendu des perfectionnistes me dire leur peine de ne pouvoir faire les choses aussi parfaitement qu’avant. Ces amateurs de la perfection sont des artistes, selon moi, mais s’ils ne changent pas leurs critères, s’ils ne lâchent pas prise, ils s’organisent pour être malheureux comme les pierres du chemin.

C’est la même chose au niveau de notre temps personnel. Que de gens ont commencé à écrire un poème, un roman, une chanson et ont abandonné après avoir réécrit la première phrase une vingtaine de fois ? Évaluez les secteurs de votre vie où il est important d’être un peu plus exigeant et ceux où ça l’est moins. Plier un drap ou faire le ménage devrait exiger moins que d’écrire un curriculum vitae pour un emploi, si vous comprenez ce que je veux dire.

Perdre son temps ? Bien oui

En terminant, ne vous sentez pas coupable si vous n’arrivez pas à gérer parfaitement votre temps. D’abord, parce que la culpabilité est inutile. Vous avez fait un choix, assumez-le et passez à autre chose sans vous justifier. En plus, la gestion du temps n’est qu’un moyen, pas un but. L’objectif n’est pas de gérer parfaitement son temps, mais de tendre à faire ce qui va vous rendre plus heureux.

Ensuite, parce que l’oisiveté est parfois le meilleur usage que nous pouvons faire de notre temps. C’est souvent dans ces moments de temps perdu qu’on se retrouve, qu’on retrouve les autres, que la créativité se manifeste et que de nouvelles idées nous viennent. Dans ces moments aussi qu’on peut savourer la vie qui passe (savourer : ça peut être un objectif A1 ça. non ?), qu’on apprécie à sa juste valeur la richesse d’avoir du temps et qu’on réalise pleinement que le temps est bien plus important que l’argent. Comme le disait Bossuet : « Et si le bonheur n’était qu’une bonne heure. »

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Le chapitre 7 du livre Oser changer: mettre le cap sur ses rêves vous propose une manière originale de faire votre gestion du temps et dix règles de conduite.

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