Le paradoxe du choix. Est-ce que trop de choix limite au lieu de libérer

Jamais nous n’avons eu autant de choix qu’aujourd’hui. S’il vous est déjà arrivé de vous promener à travers 200 chaînes de télévision pour finalement réaliser qu’il n’y a rien d’intéressant à regarder, vous comprenez ce que nous voulons dire. Avez-vous déjà été embarrassé au supermarché devant un choix de 150 soupes différentes? Êtes-vous perdu quand il s’agit de choisir parmi les multiiples plans financiers qui s’offrent à vous ou quand vous désirez acheter un téléphone portable?

En fait, il y a tellement de choses qui s’offrent à nous pour être heureux que, si nous ne le sommes pas, c’est de notre faute !!! La technologie permet même à tous de travailler chaque minute de chaque jour, peu importe l’endroit où nous nous trouvons sur terre. C’est à nous de décider: tout est possible, tout est ouvert.

Par contre, se pourrait-il qu’une multitude de choix épuise notre cerveau et nous limite au lieu de nous libérer? C’est ce que croit le psychologue américain Barry Schwartz, auteur de plusieurs livres, qui a écrit Le paradoxe du choix: comment la culture de l’abondance éloigne du bonheur (traduction de The paradox of choices: why more is less). Après avoir posé qu’il y a, bien évidemment, de nombreux avantages à la liberté et aux nombreuses possibilités que nous offre notre culture (il s’agit là d’améliorations dans les possibilités humaines et dans la possibilité d’être autonome et au contrôle da sa vie), Schwartz s’attarde au poids que cela fait reposer sur nos épaules et aux côtés pernicieux que cela renferme. Il s’interroge sur la croyance qu’avoir l’embarras du choix est une garantie de liberté individuelle, donc de satisfaction. Il démontre ensuite qu’avoir trop de choix peut être néfaste pour notre bien-être.

D’abord, parce que cela peut provoquer la paralysie de l’action. Il y a tellement de choses à choisir qu’on finit par n’en choisir aucune. Bien sûr, si l’on sait vraiment ce que l’on veut, c’est préférable d’avoir plus de choix, parce que l’on va alors trouver exactement ce qui correspond à nos besoins. Mais si nous n’avons qu’une idée vague, c’est la paralysie. Je ne sais pas si vous vous êtes déjà promené dans un centre commercial avec l’idée d’acheter un cadeau sans savoir ce que vous cherchez? Quant à moi, j’ai alors l’impression de ne rien voir!!!

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Ensuite, si l’on passe par-dessus cette paralysie, avoir trop de choix conduit souvent à prendre de mauvaises décisions. Comme il y a trop de possibilités et de données à considérer, nous allons alors au plus court en employant une stratégie de simplification de l’information.

Enfin, si l’on passe par-dessus la paralysie et que, malgré tout, l’on prend une bonne décision, nous nous sentons moins bien avec cette décision que lorsque le choix est limité.

Faut-il, alors, réduire l’éventail des possibles pour être heureux? En tout cas, ce n’est certainement pas ce que les industriels et les médias souhaitent nous voir faire.

Je vous invite donc à écouter la vidéo qui suit en anglais (sous-titres en français. Barry Schwartz y fait part de ses interrogations et des résultats de ses recherches. Il déboulonne le syllogisme suivant: Plus nous avons de liberté, plus nous avons de bien-être. Or, plus les gens ont de choix, plus ils ont de liberté. Donc, plus ils ont de choix, plus ils ont de bien-être.

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