Sept moyens pour aider une personne qui traverse un changement

On ne peut rien apprendre aux gens. On peut seulement les aider à découvrir qu’ils possèdent déjà en eux tout ce qui est à apprendre.  (Galilée)

On sait qu’une des premières conditions pour traverser activement un changement, c’est de se mettre aux commandes, d’être proactif et de sortir du cycle de la victime ou du martyr. Mais cela ne dépend pas de moi comme personne aidante, mais de la personne qui vit le changement. Alors comment peut-on aider une autre personne à ce niveau? Voici quelques moyens.

Sept moyens d’aider une personne dans son changement

1- Aider l’autre à se voir autrement que comme une victime

En lui transmettant des croyances aidantes auxquelles j’adhère. Par exemple, lui faire sentir que, peu importe ce qui arrive, elle a de la valeur; que même si le changement menace son sentiment de compétence, elle est toujours capable d’apprendre, d’influencer.

Quand des changements surviennent, c’est l’estime de soi qui, souvent, en prend un bon coup. Et comme il y a un lien très étroit entre l’estime de soi et la capacité de bien gérer les changements dans notre vie, que ce soit sur le plan personnel ou professionnel, on fait beaucoup en transmettant à l’autre notre croyance en ses capacités à guérir, à progresser, à traverser l’épreuve.  (Voir notre Page de ressources sur l’estime de soi 

2- Essayer de savoir (comprendre) le deuil qu’elle doit faire.

La résistance face à un changement est à la mesure du deuil qu’on doit faire. De l’extérieur, on croit parfois savoir le deuil ou le renoncement qu’une autre personne doit faire, mais en cherchant un peu, on peut découvrir que son deuil est tout autre.

On peut lui demander Qu’est-ce que tu trouves le plus difficile de laisser aller dans ce changement? À quoi dois-tu surtout renoncer? Les réponses pourront nous surprendre et nous aider à comprendre. Comme nous le soulignons dans notre article Comment lâcher prise: quelques moyens:

ll y a bien évidemment des deuils plus difficiles à faire que d’autres, comme le deuil d’une valeur importante à nos yeux. Par exemple, l’infirmière qui devrait faire le deuil du temps qu’elle peut passer avec un client en raison d’une réorganisation d’un plan de soin, et qui a comme valeur importante la relation qu’elle établit avec le client, trouvera très difficile de faire le deuil de cette partie de son travail. Pour elle, ce serait presque se renier elle-même, renier sa mission. Nous pouvons comprendre alors l’énorme résistance qu’elle développera, résistance qui pourra aller jusqu’à se chercher un milieu de travail plus satisfaisant qui respecte sa valeur.

Et renoncez à l’envie de faire la liste des avantages qu’elle pourra retirer des changements. Une telle attitude ne pourra que cristalliser les résistances. Dire La mer des gars (filles) est pas morte ou Un de perdu, 10 de retrouvés à quelqu’un qui vit une séparation n’est pas très aidant, même si c’est vrai!!!

Notre site renferme de multiples ressources sur le changement. Nous vous référons également à notre livre Oser changer: mettre le cap sur ses rêves pour une démarche et de nombreux outils de gestion des émotions en situation de changement. Cliquez ici pour plus d’infos Disponible en papier et ebook.

3- Respecter et accueillir sans juger l’expression de ses émotions

On peut aider la personne qui vie un changement à identifier et et à accueillir les émotions qu’elle ressent, aussi désagréables soient-elles. Personne n’aime souffrir, c’est certain, et c’est pourquoi nous faisons souvent des pieds et des mains pour éviter de ressentir les émotions désagréables. Mais il est toujours utile d’aider une personne à nommer ses émotions. Tout n’est pas de la colère, de la tristesse, ou de la peur…

Ça vaut le coup parfois de prendre un dictionnaire des synonymes et de taper COLÈRE ou TRISTESSE ou PEUR. On pourra très souvent aider la personne à trouver le terme qui exprime de façon plus nuancée ce qu’elle ressent: inconfort, malaise, nervosité, embarras, anxiété, peur, inquiétude, insécurité, sentiment d’être blessé, insulté, déçu, en colère, impatience, frustration, désappointement, culpabilité, doute, sentiment de ne pas être à la hauteur, d’être inadéquat, sentiment d’être débordé, fatigué,  surchargé, accablé, écrasé, déprimé, sentiment d’être seul, isolé, rejeté,  impuissance, tristesse, insatisfaction, démotivation, ennui, confusion, jalousie, etc.?Cela permet un certain recul et le chemin à prendre ensuite est souvent plus clair. 

4- Être orienté sur la personne plus que sur la tâche.

C’est particulièrement vrai dans les milieux de travail ou le changement joue sur la productivité. Se centrer sur la personne, c’est prendre mon attention et la porter sur elle, me mettre un peu à sa place pour essayer de me représenter ce qu’elle ressent ou pense. C’est ce qu’on appelle l’empathie.

Dans les changements organisationnels, il est préférable de mettre en avant des gestionnaires de personnes plus que des gestionnaires de la tâche.

À un niveau plus personnel, dans la vie courante, résistez à la tentation de parler à l’autre de vos propres expériences en lui racontant comment tel changement, il y a quelques années, vous a affecté et vous affecte encore… Centrez vous sur elle, et une des meilleures façons de le faire, c’est de savoir bien écouter.

5- Aider en faisant de la bonne écoute.

aiderNous parlons ici d’une écoute qui a pour but d’aider ou d’apporter du réconfort à une autre personne. Dans les moments difficiles, c’est ce type d’écoute qui est le plus pertinent et efficace.

J’en entends déjà me dire qu’ils sont fatigués d’entendre les autres se plaindre encore et encore des mêmes choses, jour après jour. Cela nous permet tout de suite d’insister sur un point important: pour faire de l’écoute, il faut être disponible, en termes de temps et de disposition d’esprit. Ne commencez pas d’écoute si vous êtes pressé par un rendez-vous urgent, ou si vous n’acceptez pas de vous engager personnellement. 

Et comme il y a des mauvaises façons d’écouter, qui mettent sur la défensive, il y a de bonnes façons d’écouter. La reformulation en est une qui a deux avantages. D’un côté, elle démontre à l’autre que vous faites un effort pour le comprendre, ce qui lui permet de préciser ou de corriger si vous avez mal compris. D’autre part, cela va aider la personne écoutée à se situer, à avoir une idée plus claire, plus objective de ce qu’elle veut dire.

Il ne s’agit évidemment pas de reformuler mot à mot, de façon bébête, ce que l’autre dit, mais bien plutôt de redire ce que vous avez compris du message de l’autre, dans vos propres mots. La reformulation peut se faire sur ce que vous saisissez de la pensée de l’autre, mais il peut être très approprié de reformuler les émotions que la personne transmet, consciemment ou non, dans son message.

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L’écoute: comment bien et mal écouter

6- Encourager. 

Actuellement, de nombreux laboratoires étudient la neuroplasticité du cerveau et ses capacités d’apprendre de nouvelles choses et de développer de nouveaux talents, que ce soit dans l’enfance, à l’âge adulte et au troisième âge. Or, en vieillissant, une personne peut croire qu’elle est trop vieille pour apprendre, pour changer…  

Pourtant, les résultats de recherches démontrent qu’il est possible d’apprendre à tout âge. Mais il faut comprendre que nous apprenons différemment à l’âge adulte. Si, quand on était bébé ou enfant, notre cerveau se modelait en recevant l’information sans y prêter attention, de façon quasi involontaire – qu’il suffise de penser à la marche et au développement de sa langue maternelle – à l’âge adulte, le cerveau se modèle suite à une action volontaire. En d’autres termes, cela part d’une décision. 

Vous allez donc aider l’autre en l’encourageant, en temps et lieu, à trouver ce qu’elle souhaite et à se sortir de la plainte (ce qu’elle ne veut pas) pour trouver ce qu’elle veut.

Les gens parlent abondamment de ce qu’ils ne veulent plus vivre (la plainte), échangent à ces sujets sur des blogs. Ils ne se rendent pas compte alors qu’en accordant ainsi leur attention à ce qu’ils ne veulent plus, ils ne font que l’activer encore davantage.

Encouragez-les à centrer leur attention sur ce qu’ils veulent; cela leur donnera une direction à suivre, les portera vers l’avant et mettra à leur service les ressources insoupçonnées de ce magnifique outil qu’est le cerveau. Il agit comme un système de téléguidage qui va travailler pour eux s’ils lui donnent la direction qu’ils souhaitent prendre. (Voir Pas facile de changer de vie: 6 moyens qui m’ont aidé)

Encouragez-les aussi à être patient: les recherches démontrent qu’une habitude prend en moyenne 66 jours à changer (Voir Développer une habitude).

7- Penser à soi pour pouvoir aider.

Comme nous le mentionnons dans Dépression et burn-out: comment accompagner son conjointla personne qui supporte l’autre ne doit pas oublier non plus de penser à elle afin de conserver son énergie. Elle se doit d’être à l’écoute d’elle-même et de mettre ses propres limites.

Il faut bien se connaître et ne pas jouer la fausse-acceptation si l’on n’est pas disponible, trop fatigué. Penser à soi, c’est parfois la meilleure façon de pouvoir vraiment aider l’autre personne plus tard. Une personne épuisée n’est pas très aidante. D’où l’importance de bien se connaître, de bien évaluer ses propres limites.

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