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La bonté est contagieuse (2)

Dans un récent post – La bonté est contagieuse (1) -, je mentionnais que les petits actes de bonté et de coopération peuvent avoir un effet contagieux sur les personnes qui en sont l’objet et même sur celles qui en sont les spectatrices. 

J’ai depuis ce moment eu le plaisir de lire l’ouvrage de Jacques Lecomte intitulé: La Bonté humaine: Altruisme, empathie, générosité (Ed. Odile Jacob, Paris, mars 2012, 398 pages). Soutenu par de nombreuses recherches en psychologie, l’auteur confirme à quel point le fait de voir agir des personnes de façon altruiste peut nous stimuler positivement. Il rapporte le cas de conducteurs deux fois plus nombreux à s’arrêter pour aider une jeune femme occupée à changer un pneu crevé s’ils viennent de voir, quelques centaines de mètres avant, une personne en aider une autre dans la même situation. Ou encore comment le fait d’observer quelqu’un donner de l’argent à l’Armée du salut dans le temps de Noël augmente d’une fois et demie la probabilité de donner soi-même.

Les psychologues parlent de « modelage » ou « d’apprentissage social » pour décrire ce procesus. (…) bien plus que d’une simple imitation, il s’agit d’une occasion de faire évoluer notre système de valeurs ainsi que l’image que nous avons de nous-mêmes. On peut aussi  considérer que l’observation d’actes de bonté chez autrui entre en résonance avec le meilleur de nous-mêmes. (pp. 154-155).

L’auteur mentionne également plusieurs recherches qui tendent à démontrer que la politesse est elle aussi génératrice d’altruisme et que, comme le dit l’adage, un sourire ne coûte rien et peut produire beaucoup.

Ceci n’est qu’un minime aperçu du riche contenu d’un ouvrage qui nous rend optimiste à l’égard de la nature humaine et qui a le grand mérite d’appuyer son contenu exclusivement sur les progrès de la recherche scientifique. Un ouvrage qui va tout à fait dans le sens actuel de la psychologie positive et qui présente une vision optimiste de l’être humain, contrairement aux approches traditionnelles qui le décrivent comme un calculateur égoïste, un tueur sans complexes, un être assoiffé de puissance ou -pour les psychanalystes- un pervers polymorphe qu’il faudra doter d’un surmoi (tiré de La bonté: modèle d’insoumission). À contrecourant également de la pensée libérale qui soutient que l’homme n’obéit qu’à ses intérêts particuliers. Un livre a lire pour se réconcilier, si nécessaire, avec la nature humaine et qui est de la même trempe que L’art de la gentillesse du philosophe et psychologue Piero Ferrucci dont nous avons déjà parlé ailleurs.

Jacques Lecomte est docteur en psychologie et président de l’Association française et francophone de psychologie positive.

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