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Santé mentale, Stress

Des moyens pour faire face au stress et prendre la maîtrise de sa vie

maîtrise de sa vie
Marie Bérubé, m.ps.

Il est possible de développer sa résistance, ses ressources et surtout une estime de soi suffisante pour prendre la maîtrise de sa vie et ne plus être l’objet du hasard ou la victime d’événements incontrôlables.

Nous vivons tous, puisqu’il y a une vie avant la mort. Nous subissons ou nous nous défendons; nous baissons les yeux et les épaules ou nous relevons la tête avec défi. Pourquoi sommes-nous si différemment sollicités par la vie? Par les situations stressantes? Pourquoi certains réagissent-ils mieux et plus que d’autres aux avatars de la vie? Sont-ils plus favorisés, plus doués, mieux éduqués? Il ne semble pas.

Peut-on acquérir leurs habiletés, apprendre à nous défendre, nous re-conditionner? À cela, la psychologie répond oui, sans l’ombre d’un doute, car il est possible d’identifier ces facteurs, ces moyens, ces habiletés, de les définir et surtout d’appliquer ces connaissances dans notre vie.

La maîtrise de sa vie

Pour réagir activement, il faut être persuadé que nous y pouvons quelque chose. Nous devons admettre notre responsabilité dans ce qui nous arrive et notre responsabilité dans la manière de nous en sortir. Adopter l’attitude défaitiste ou pitoyable de la victime, attendre que le temps arrange les choses, blâmer les autres, ignorer les signaux d’alarme perçus, ne jamais rien décider de peur de se tromper, se sentir impuissant devant le destin, s’en remettre aux astres, aux boules de cristal, aux cartes ou aux lignes de la main, sont des attitudes qui attirent les problèmes et ne les règlent surtout pas .

Des recherches sérieuses en psychologie ont démontré que lorsque les habiletés des individus sont comparables, ceux qui sont persuadés de leur capacité d’entreprendre des changements et de prendre la maîtrise de leur vie réussissent mieux à solutionner des problèmes, ressentent moins de tension lorsqu’ils sont stressés, rechutent moins souvent, sont plus efficaces pour relever des défis, que ceux qui se sentent davantage gouvernés par le destin, les autres et qui ne croient pas qu’ils peuvent changer le cours des événements.

Nous avons vu dans les articles précédents comment, et à quel point, les agents stresseurs, internes ou externes peuvent affecter notre équilibre physique, émotif ou les deux. Peut-être ressentez-vous, vous-même, les ravages de la maladie, de l’angoisse ou de la dépression.

En général, à ce stade, la plupart entreprennent bon gré mal gré, la tournée des spécialistes. Souvent, pour ne pas dire toujours, ils finissent pas avoir de moins en moins confiance dans la plupart des approches médicales ou paramédicales et se résignent avec désespoir ou agressivité à prendre leur mal en patience et parfois à imposer aux autres leur sentiment d’impuissance ou d’envie. Pourtant, les médecins et les autres professionnels de la santé, tout en faisant leur possible, doivent admettre eux-mêmes qu’ils ne peuvent plus rien faire ou tout faire. Pourquoi? Pour plusieurs raisons, que vous connaissez maintenant. D’abord un problème de santé, physique ou psychologique, est multidimensionnel, c’est-à-dire qu’il a plusieurs causes, dont certaines très éloignées du symptôme apparent. Ensuite, la personne s’est souvent infligée elle-même la souffrance qu’elle porte et cela depuis longtemps et de plusieurs façons. Comment une personne extérieure pourrait-elle prétendre, avec une approche spécialisée et particulière, englober toute la complexité de notre situation personnelle? Et finalement, comment le seul geste de s’en remettre à un seul traitement ponctuel, de n’importe quel type, pourrait-il suppléer à la compétence personnelle qu’il faut développer pour une guérison durable

Donc, s’en sortir, c’est d’abord croire que c’est possible. C’est s’estimer assez pour prendre la décision, bouger, agir, évaluer et recommencer jusqu’à un résultat. Cela suppose de la patience, de la persévérance, même si parfois le naturel revient au galop. À partir du moment où l’on devient maître de notre vie, nous pouvons influencer le cours des événements et entreprendre une autothérapie adaptée et personnalisée. La première étape donc de la maîtrise, c’est la prise de conscience de notre compétence personnelle. À partir de là, nous pouvons envisager plusieurs moyens et agir sur le plus de plans possible.

Favoriser la résistance de la machine

Le corps est le véhicule qui nous permet de vivre, d’agir, d’expérimenter et de jouir de notre passage ici-bas. Une usure prématurée de ces composantes est toujours vécue comme une limitation, un handicap. Il est donc important, voire primordial de maintenir la machine en bon état.<

  1. Une bonne alimentation, complète, variée, constitue une base essentielle. Tous les malaises psychosomatiques ont une composante organique. Si le problème n’est pas récent, la mauvaise nutrition peut remonter très loin. Certes, un changement alimentaire s’impose donc, non seulement pour soigner, mais aussi pour rebâtir, combler les carences; cela prendra sans doute du temps, mais demeure possible. Certains aliments tels que le café, l’alcool, les sucres raffinés, le sel, les graisses, les produits alimentaires transformés, truffés d’additifs, de colorants et d’agents de conservation sont potentiellement dangereux et fortement liés aux états de tension et d’anxiété. Il est donc sage de réviser ses habitudes alimentaires et de les modifier, s’il y a lieu.
  2. maîtriseL’exercice contribue également à renforcer la musculature et la capacité respiratoire. Il permet d’améliorer la condition physique, de développer la résistance, de mieux s’oxygéner et de mieux assimiler la nourriture. Il améliore la qualité du sommeil, diminue l’anxiété et les désordres nerveux, permet un défoulement sain des tensions accumulées et procure souvent une sensation de force intérieure qui favorise le calme, la réflexion et l’harmonie entre le corps et l’esprit. Il ne faudrait pas cependant se lancer  nconsidérément dans un programme intensif d’activités physiques. C’est le meilleur moyen de se décourager ou encore de provoquer des accidents. Mieux vaut s’en remettre d’abord à une bonne évaluation de sa condition ou encore aller vers des activités raisonnables, simples, et pourtant complètes, telles que la marche.
  3. Le repos, le sommeil ou la détente sont aussi des facteurs importants de la santé. Il ne faut pas les négliger. Quand on parle de repos, il s’agit moins de ne rien faire, que de gérer son temps différemment, de trouver des méthodes de détente qui nous conviennent.

Comment se détendre

Se détendre n’est pas toujours chose facile, surtout chez la personne qui ignore ou ne sent plus ses tensions. Ces dernières, en effet, ne sont pas toujours conscientes ni liées cognitivement à des causes bien évidentes. Mais si on devient conscient, par la force des choses, d’un état de tension, il faut trouver des façons de modifier cet état. Plusieurs méthodes peuvent abaisser le niveau de tension: la méditation, la relaxation progressive, le yoga, la gymnastique douce (Méthode Bertherat), la marche. Le biofeedback est également une méthode pour abaisser le niveau d’activation. Toutes ces méthodes sont accessibles à la plupart des gens. Vous trouverez en librairie quantité de volumes consacrés à ces sujets (note 1). Bien sûr, toute technique exige un entraînement et un certain niveau de motivation. Mais à long terme, ces aides contribuent à changer le rythme de notre vie et à redonner une valeur différente à la plupart de nos activités. Ce qui nous amène à parler des changements que nous pouvons apporter dans l’environnement.

Développer ses ressources

Il est donc important, pour retrouver son équilibre et sa maîtrise, d’agir aussi sur les stresseurs identifiés. Parfois, il faudra modifier le rythme de notre vie (note 2). Par exemple, multiplier les arrêts ou les périodes de repos, ne pas sauter de repas, se lever plus tôt afin de pouvoir commencer la journée plus calmement, en fait, modifier l’environnement. Gérer son temps signifie d’abord réfléchir sur les valeurs qui régissent nos activités. Parfois, cela peut nous amener à nous rendre conscients que nous accordons vraiment trop d’importance par exemple à la compétition, à la perfection minutieuse ou à toute autre attitude.

Les gens qui ont un tempérament de type A sont plus exposés à ce type d’excès. Nous vous suggérons de relire les réponses que vous avez données au questionnaire Êtes-vous de type A ou B dans notre article Comment évaluer et définir le stress et de réfléchir à la question. Avez-vous un horaire journalier qui correspond à votre système de valeurs? Êtes-vous toujours en train de vous perdre dans des détails insignifiants et obligés de toujours remettre à demain les points de première importance? On peut également modifier l’environnement en changeant ses habitudes , en évitant les situations stressantes, en espaçant les tâches et en se réservant toujours du temps pour un loisir, une activité plaisante.

Il faut également éviter, dans la mesure du possible, de faire trop de changements majeurs en même temps. Même les événements heureux sont sources de stress, car on doit s’y adapter. Il vaut mieux échelonner dans le temps les changements que l’on peut prévoir. Anticiper le stress, se préparer, peut également nous aider à mieux y faire face, à s’y adapter. Il convient également parfois de se retirer carrément d’une situation stressante dont on n’a pas la maîtrise. Cela voudra parfois dire se retirer au moins temporairement, après réflexion, de certaines situations (certains sujets de conversations, certaines personnes…). L’ennui, par contre, est aussi un facteur de stress. Il faut donc veiller à demeurer actif, mais surtout à recherche des activités significatives pour vous, c’est-à-dire qui vous permettent de réaliser un objectif, de vous sentir impliqués et vivants.

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Se connaître

Il arrive cependant que malgré une recherche active, une démarche pleine de bonne volonté, la situation semble nous échapper. Le mal aurait-il une source plus profonde? Les sentiments, les émotions sont aussi des réalités. Bien sûr, ils sont plus immatériels, difficiles à cerner et souvent ce monde est inquiétant. Nous préférons un statu quo destructeur, au risque de regarder la réalité bien en face. L’insécurité affective oblige souvent à des stratégies fort coûteuses.

Comment peut-on contrôler ses émotions? La technique de Albert Ellis est simple, mais parfois elle exige un travail très rigoureux de la personne concernée. Il peut arriver que cette dernière ait besoin d’être aidée, mais c’est possible de le faire seul avec beaucoup de détermination et de travail

Il faut comprendre d’abord que les émotions sont moins liées aux événements extérieurs qu’à notre perception intérieure. Il en est ainsi de la peur, de l’anxiété, de la colère et de la tristesse. La cause de ces émotions désagréables se trouve dans nos croyances ou les idées que nous entretenons au sujet de l’événement déclencheur. C’est en s’attaquant à ces idées irréalistes que nous pouvons arriver à contrôler, à maîtriser les émotions désagréables. (voir l’encadré ci-dessous). Et nous combattrons ces idées, en développant notre habileté à leur opposer des idées incompatibles.

Demander de l’aide

Mais il faut parfois admettre que seul, nous n’y arrivons pas. Que malgré nos efforts, nous sommes confus, mêlés, mal dans notre peau. Le contrôle, la maîtrise nous échappe… Puis vient l’angoisse, la tristesse, le désespoir ou la résignation. Nous nous enlisons. Le passé nous ramène des souvenirs pénibles, personne ne nous comprend plus…

À ce moment-là, une personne doit vraiment faire du ménage à l’intérieur. Apprendre à se connaître passe parfois par une thérapie, brève ou longue, de tel type ou de tel autre, peu importe. Les Programmes d’aide aux employés (note 3), quand ils existent, sont là pour ça. Ce qui importe cependant, c’est de choisir une personne compétente, honnête et respectueuse. Il ne faut pas vivre cette démarche avec quelqu’un qui ne le mérite pas. Nous aurons peur, nous pleurerons sans doute, cela fera parfois mal et il y aura des conséquences. Mais qui peut dire quelles conséquences seront les plus néfastes: celles que nous vivrons parce que nous aurons posé le geste de nous faire aider ou celles que nous subirons pour avoir fermé les yeux et accepté de mentir et de mourir un peu plus ?

Exemples d’idées irrationnelles et de confrontations à y opposer

Idée: Il faut que je plaise à toutes les personnes que je côtoie.

Confrontation: Bien sûr, c’est agréable de plaire aux autres, mais ce n’est pas essentiel. Je peux parfaitement survivre à la désapprobation d’une personne.

Bonnes questions à se poser: Qu’est-ce qui va arriver si je ne plais pas à tout le monde? Faut-il vraiment plaire à TOUT le monde?

Idée: Je dois réussir ce que j’entreprends, être compétent et adéquat pour être valable aux yeux des autres.

Confrontation: Il est normal pour moi aussi de faire des erreurs. C’est ainsi qu’on apprend à changer, à s’adapter, à s’améliorer.

Bonnes questions à se poser: Que va-t-il se passer si je ne réussis pas? Est-ce que je veux vraiment être adéquat aux yeux de TOUT le monde?

NOTES

  1. Nous ne saurions trop vous conseiller la pratique de la méditation pour la gestion du stress. Pour en savoir plus, cliquez ici. 
  2. Sur l’équilibre et la gestion du temps, nous vous référons à notre livre Oser changer: mettre le cap sur ses rêves.
  3. PAE : service de counseling confidentiel, à court terme, présent dans certaines entreprises et qui s’adresse aux employés ayant des problèmes personnels qui nuisent à leur rendement.

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