Peur du changement: les principaux pièges à éviter pour arriver à la maîtriser

La peur du changement n’est qu’un des nombreux visages que prend la résistance au changement.

La vie est changements. Nous le savons tous, mais nous n’aimons pas toujours la turbulence qui les accompagne parfois. Que ce soit un changement planifié ou un autre qui arrive sans crier gare, l’un et l’autre mobilisent nos capacités d’adaptation et peuvent même nous faire peur. Quand nous pouvons maîtriser cette peur du changement, ils deviennent des occasions de nous développer, de grandir et de réaliser notre plein potentiel.

Est-il normal d’avoir peur d’un changement important, comme une séparation, un déménagement, un changement d’emploi? Comment pouvons-nous maîtriser cette peur  Tout le monde peut-il s’adapter au changement? Quelles sont les pièges à éviter? Nous allons tenter d’apporter une réponse à ces questions.

Avoir peur du changement, c’est normal

Plutôt que de parler de peur du changement, je préfère parler de résistance au changement. Parce que la peur n’est qu’un des nombreux visages de cette résistance. Nous résistons quand nous refusons ce qui se passe à l’intérieur ou autour de nous, quand nous luttons contre nous-même ou contre les autres, quand nous nions ce qui est.

Bien sûr que la résistance au changement est normale. Elle est universelle, inévitable et saine. C’est une stratégie de survie. Ce qui est malsain, c’est de résister tout le temps, d’en faire une posture de vie. C’est cela qui nous use.

C’est compréhensible d’avoir peur du changement et de résister, surtout pendant la première phase, ce qu’on nomme la rupture (à la fin de l’article, je vous propose un audio où j’explique les 3 étapes du changement). Ce qui est plus ou moins difficile ici, c’est d’accepter que ce que nous avons connu dans le passé ne sera plus là, ne reviendra plus. C’est l’étape où nous devons faire des deuils, où nous devons lâcher prise. Voilà le plus grand défi.

Par exemple, un changement imposé au travail nous obligera à faire le deuil de manières habituelles de travailler. La venue d’un enfant nous forcera à modifier le fonctionnement de notre couple. Une séparation ou un décès nous obligera à refaire votre vie autrement.

Comment maîtriser la peur du changement?

D’abord, en faisant une place aux émotions que suscite le changement que nous vivons. Personne n’aime se sentir anxieux, menacé, désillusionné, en colère, incompétent, frustré ou coupable. Pourtant, il n’est pas rare même qu’un changement important entraîne une baisse de l’estime de soi.

Ensuite, en prenant le temps de trouver le ou les deuils que nous devons faire. Il faut savoir que notre peur du changement est souvent à la mesure de ce que nous devons laisser derrière.

De plus, il n’est pas inutile ni honteux de trouver du support autour de soi. Ce pourra être une personne de confiance et qui sera prête à nous écouter vraiment. Ce pourra aussi être un professionnel de l’aide capable de garder une certaine distance pour mieux nous accompagner.

Et il est important d’apprendre à relativiser en centrant notre attention sur ce qui n’a pas changé. Nous sommes la même personne qui a déjà traversé des changements auparavant. Si nous avons réussi alors, nous avons la capacité de le faire à nouveau.

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Tout le monde peut-il s’adapter au changement?

La réponse est oui et non. Oui, parce que l’être humain est un champion de l’adaptation au changement. Il grandit, fait des choix, évolue. Mais en cours de route, il développe souvent des idées qui ne l’aident pas pas du tout, qui favorisent son impuissance et rendent l’adaptation plus difficile. Des idées à propos de lui-même, de ses capacités. Par exemple:

Il n’y a qu’à moi que ça arrive.

Je n’ai pas le choix, je ne peux rien faire, il n’y a rien à faire.

C’est comme si je recommençais au début.

Je suis trop âgé pour changer, trop habitué.

Je n’ai pas de valeur.

Ces croyances le conduisent  à adopter une posture de victime. C’est bien connu, une des plus grandes source de stress, c’est le sentiment de ne pas avoir le contrôle. Il y a un tas de situations que nous ne pouvons contrôler, mais nous avons tous du pouvoir sur notre façon de percevoir celles-ci.

Les recherches en psychologie ont démontré que lorsque les habiletés des individus sont comparables, ceux qui sont persuadés de leur capacité d’entreprendre des changements et de prendre la maîtrise de leur vie réussissent mieux à solutionner des problèmes, ressentent moins de tension lorsqu’ils sont stressés, rechutent moins souvent, sont plus efficaces pour relever des défis, que ceux qui se sentent davantage gouvernés par le destin, les autres et qui ne croient pas qu’ils peuvent changer le cours des événements.

Comment se prépare-t-on au changement?

D’abord, en  décidant de prendre les commandes. Cela permet de sortir du cycle de la victime ou du martyr. Nous avons chacun notre parcours; notre responsabilité, c’est d’en faire un beau parcours, de ne pas en être une victime.

Ensuite, en cultivant tous les jours des idées qui nous encouragent. Par exemple:

Je ne peux pas toujours empêcher les événements qui surviennent, mais je peux contrôler ma façon d’y réagir.

Je ne suis pas parfait; ce n’est pas grave si je fais des erreurs.

J’ai de la valeur, quoiqu’il arrive.

Je suis le premier qui peut me rendre heureux.

Ce que je ne sais pas, je peux l’apprendre.

Il y aura peut-être là une occasion favorable pour moi.

Quels sont les pièges à éviter?

S’entêter et refuser de lâcher prise. Pendant que nous continuons à résister, le temps passe. La rivière de notre vie s’écoule et nous retardons l’occasion d’évoluer et de créer notre vie autrement.

Revenir dans le passé. Devant de nouvelles situations, l’être humain cherche naturellement une réponse dans son répertoire de vieux comportements. S’ils ont déjà fonctionné, parfois ils ne sont plus adaptés à la nouvelle réalité. C’est le retour en arrière. Or, quand nous avons compris les deuils à faire, quand nous avons accepté que ce qui était ne sera plus, il faut maintenant créer, innover. Cette nouvelle réalité requière donc de trouver des solutions nouvelles, de développer de nouveaux comportements. La vie ne sera plus comme avant, c’est certain, mais elle sera comme après.

Et comme nous apprenons différemment en vieillissant, nous devons nous attendre à ce que ce soit plus difficile. L’apprentissage se faisait plus facilement quand nous étions enfant. En vieillissant, nous devons prendre la décision d’apprendre. Il faut lire, expérimenter, prendre de la formation, trouver du support externe, etc. Tout cela va nous permettre de créer du neuf.

Se lancer tête baissée par en avant sans réfléchir. La personne qui vient de subir une séparation et qui se lance immédiatement dans une nouvelle relation sans réfléchir se condamne parfois à revivre le même scénario.  Elle doit prendre le temps de penser à ce quelle veut vraiment, au genre d’union ou de conjoint quelle souhaite.

Se décourager. Il faut savoir qu’une nouvelle habitude prend en moyenne 66 jours à s’installer. Encourageons-nous, en attendant que le changement soit, non seulement accepté, mais intégré. Un jour, la confiance sera revenue et nous verrons même les avantages de ce changement.

Ne pas prendre soin de soi et de son bien-être. À faire en tout temps, mais encore plus en situation de changement. Apprenons à entretenir et à provoquer en nous des états d’esprit positifs qui vont nous soutenir. Apprenons aussi, sans en faire une obsession, à protéger nos états d’esprit positifs.  Est-ce que certaines conversations négatives nous atteignent trop? Est-ce que certaines personnes ont le don de miner notre confiance ou notre estime de nous-même? Est-ce que l’écoute de certains médias nous trouble? Prenons-en conscience et apprenons à bien nous entourer. Y a pas de mal à nous faire du bien. Il n’est pas mauvais de se poser cette question: À qui et à quoi voulons-nous faire cadeau de notre attention?

C’est important aussi de trouver des façons saines de vider l’énergie qui s’accumule dans ce stress. Par exemple, en recherchant activement les occasions de rire et de se détendre avec des amis, en faisant de l’exercice (sans en faire une maladie), du yoga, de la danse, du chant, etc.

Quelles questions devrait-on se poser?

Évitons les questions paralysantes qui ont encore plus de chances de miner notre confiance, de provoquer le stress, l’impuissance, l’accablement, le sentiment d’être une victime, un martyr. Par exemple:

Pourquoi ça n’arrive qu’à moi?

Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça?

Pourquoi je ne parviens pas à prendre le dessus?

Pourquoi les autres ne font rien?

Mais il y a des questions aidantes qui centrent notre attention sur la partie de la réalité où se trouvent nos ressources, notre pouvoir personnel. Ces questions ouvrent la porte de la créativité et de l’humour et provoquent en nous des états d’esprit plus aidants. Par exemple:

Qu’est-ce que je veux vraiment? La meilleure façon de sortir d’un état d’esprit paralysant, c’est d’orienter notre attention sur le résultat que nous désirons atteindre plus que sur le problème, sur l’état d’esprit que nous souhaitons vivre plus que sur celui que nous voulons éviter, .

Qu’est-ce que je pourrais faire pour avancer vers ce que je veux?

Qu’est-ce qui a bien fonctionné aujourd’hui?

De quoi suis-je fier?

Comment pourrais-je rendre ma journée agréable, avoir du plaisir?

Qui d’intéressant pourrais-je rencontrer aujourd’hui?

Qu’est-ce que j’apprécie dans ma vie?

Audio: les étapes d’un changement

En terminant, il n’est pas inutile de connaître les étapes de la transition psychologique dans un changement. Cela nous aide à comprendre ce qui va se passer, à nous situer et à accepter le fait qu’il est bien normal d’éprouver des émotions comme la peur, l’anxiété, etc. À ce sujet, je vous invite à écouter ci-dessous un extrait d’une entrevue que j’ai donnée sur ce sujet:

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