Pas toujours facile de changer de vie: 7 moyens qui m’ont aidé

changer de vie

Changer de vie, vous y rêvez? Il y a plusieurs années, j'ai souhaité, puis rêvé et finalement décidé de changer de vie en quittant un travail sûr et bien rémunéré dans l'enseignement pour démarrer mon entreprise de consultant. Plusieurs facteurs, que j'ai d'ailleurs consigné dans un livre (voir à la fin Pour aller plus loin),  m'ont aidé dans cette démarche et j'ai pensé vous donner un résumé de sept d'entre eux (avec un «bonus»). 

Voici quelques pistes pour alimenter l'élan de ceux et celles qui sont animés parle désir de prendre leur envol sans attendre d'être acculés au pied du mur par une décision administrative, un changement organisationnelle ou une dépression.

Selon une étude OpinionWay réalisée pour RTL-20Minutes-Les Echos, les trois quarts des actifs en France veulent changer de vie, de région ou de métier. En tête des envies, 69% voudraient notamment changer de région et 66% d'emploi. Un autre sondage (Les jeunes et la société de demain) consacré aux 18-34 montre que les deux tiers des sondés (67 %) pensent que la société de demain ne leur permettra pas de réaliser leurs rêves. 34 % d'entre eux seraient même prêts à s'expatrier, 41 % songeant à le faire définitivement. Ces résultats confirment une autre étude effectuée par Viavoice pour W&Cie, qui indiquait que la moitié des jeunes étudiants et professionnels désiraient, si possible, vivre ailleurs.

Pour plusieurs, ces données confirment les sentiments de ras-le-bol, de lassitude, de démotivation, de désillusion qui imprègnent le milieu ambiant et que véhiculent à qui mieux mieux les média et blogs de toutes sortes.

Des sentiments sans doute justifiés par des conditions réelles, une crise et des espoirs déçus. Mais ces données statistiques confirment aussi, à mon avis, un appétit de changement profondément ancré chez l'individu. Et s'il s'alimente dans des conditions extérieures, il reflète aussi le désir d'être davantage, d'étendre ses horizons, en un mot de grandir.

Mais la donnée qui m'interpelle davantage dans le premier sondage, c'est que 94% des personnes sondées admettent que la démarche de changement est difficile. C'est le cas quand le changement se fait malgré soi, après un licenciement ou une fin de contrat. Un changement non choisi provoque toujours une secousse, dont l’intensité sur l’échelle de Richter dépend évidemment de son ampleur. Voici donc sept moyens qui m'ont facilité la tâche.

Sachez vraiment ce que vous voulez

Ne soyez pas comme la majorité des gens qui vont plus facilement se plaindre et parler de ce qu'ils ne veulent pas, échangeant à ce sujet sur des blogues, autour d'un café, etc. Ils ne se rendent pas compte qu'en centrant ainsi leur attention sur ce qu'ils ne veulent plus, ils ne font que l'activer encore davantage. Comme je me plais parfois à le dire, ON CRÉE CE QUE L'ON CRAINT.

Commencez par prendre conscience de ce qui vous manque, de vos insatisfactions; à partir de là, formulez précisément ce que vous voulez. Vous allez ainsi vous donner une direction à suivre (pas juste quelque chose à éviter). Ceux et celles qui parviennent à changer se sont tous donné un but précis et bien déterminé, qui les enthousiasme et les porte vers l'avant.

Décider ce que vous voulez vous porte vers l’avant et permet de mettre à votre service les ressources insoupçonnées de ce magnifique outil qu’est votre cerveau. Si vous lui donnez la direction que vous souhaitez prendre, il agira alors comme un système de téléguidage et travaillera pour vous. Quand vous lui donnez la destination à éviter, il travaille aussi à vous amener là où vous ne voulez pas, surtout si votre attention y est entièrement consacrée.

Prenez les moyens pour bien vous connaître

C'est vital! Apprenez à bien vous connaître pour que le changement souhaité corresponde bien à vos valeurs. Ce sera plus facile si, avant même de commencer à changer de vie, vous assoyez solidement les décisions que vous vous apprêtez à prendre sur vos valeurs. Capital, donc, de bien les identifier pour ne pas que vos choix vous mettent en contradiction avec vous-même. Si vous voulez partir au bout du monde, seul, pendant 1 an, et que votre valeur principale est la famille, vous risquez d'être malheureux, de vous mettre vous-même des batons dans les roues, de vous auto saboter, même inconsciemment.

En outre, si vos décisions impliquent d’autres personnes, comme c’est le cas bien souvent, il faut aussi prendre en compte leurs valeurs propres. En effet, autant des valeurs communes créent des liens très forts entre des personnes, autant les conflits de valeurs peuvent venir à bout des relations les plus solides.

Personnellement, comme j'avais à l'époque une famille et de jeunes enfants, j'ai préféré faire ce virage progressivement, sur quelques années, évitant ainsi de mettre en péril une valeur importante à mes yeux: la sécurité de ma famille. Sinon, je me serais infligé un stress supplémentaire qui aurait provoqué encore plus de résistance au changement. Bien sûr que procéder de cette manière a nécessité beaucoup d'heures de travail, bien plus que si j'étais resté bien confortablement assis dans mon emploi. Mais en ce faisant, non seulement je respectais mes valeurs, mais j'avançais, un pas après l'autre, ET SURTOUT je créais progressivement un momentum irrésistible qui m'a permis un peu plus tard de me consacrer entièrement à ma nouvelle carrière

Fixez-vous des étapes accessibles

Nous savons tous à quel point nous pouvons nous sentir débordés, écrasés même par une tâche à accomplir quand nous la regardons dans son ensemble. Il n’en faut souvent pas plus pour que nous la mettions de côté. De la même façon, vous êtes peut-être maintenant intimidé devant tout le chemin qui vous sépare de la destination que vous souhaitez atteindre. Or, il existe une stratégie éprouvée pour vaincre ce sentiment d’impuissance et d’accablement tout en conservant intacts l’énergie et l’enthousiasme que contient un rêve de changement. Morcelez votre projet de façon à vous donner des pistes concrètes d’action et déterminez des étapes faciles à atteindre et rapprochées dans le temps.

Les gestes que vous allez poser pourront paraître de bien petits pas, mais il vaut mieux se donner des objectifs intermédiaires accessibles, réalistes et qui offrent plus de chances de succès. (note 3).

Idée clé #1

Une première règle pour utiliser judicieusement votre temps, c’est de toujours intégrer, dans vos journées ou vos semaines, des activités qui sont en lien avec ce que vous poursuivez, votre zone d'épanouissement (une lecture, un téléphone, une démarche, un cours, etc). Les demandes de toutes sortes, particulièrement à certaines périodes de la vie, peuvent être sans fin et vous pouvez aisément passer tout votre temps à y répondre.

Si, comme la plupart des gens, vous passez plus de 70% de votre temps à réagir aux demandes urgentes et importantes des autres, au travail comme à la maison, il est temps d’inverser progressivement la vapeur et de viser à investir votre temps et votre énergie dans cette zone d’épanouissement.

Changer de vie, c'est aussi lâcher prise

Lâcher prise peut sembler simple à première vue, mais ce n’est pas toujours le cas. En effet, changer de vie oblige à des renoncements et implique toujours de faire des deuils, certains plus importants que d'autres. Sachez que votre résistance à changer est à la mesure de ces deuils à faire, d'où l'importance de bien les identifier.

Pour vous rendre là où vous le souhaitez, vous devrez nécessairement faire le deuil d'habitudes, de façons de faire qui vous sont familières, mais qui ne fonctionnent pas, laisser derrière vous des personnes que vous appréciez beaucoup, etc. Parfois aussi, faire le deuil d'un résultat précis qu'on attendait, de moyens qui ne fonctionnent pas.

Vous devrez peut-être lâcher prise sur des désirs irréalistes, renoncer à des idées ou même à certains rêves que vous avez. C'est une illusion de croire qu'on peut tout faire si on le veut. Mais que ce ne soit pas une raison pour ne pas rêver et vous enthousiasmer pour un projet. (Voir Lâcher prise. Prendre de l'altitude)

Soyez bien outillé psychologiquement

Tout changement, qu’il soit désiré ou subi, charrie avec lui son lot d’émotions. Si certaines d’entre elles nous dynamisent, d’autres peuvent nous paralyser. Et sur la route qui nous conduit à nos aspirations, nous devons apprendre à dominer les émotions qui nous empêchent de progresser et à susciter celles qui nous y aident.

Je suis convaincu que je n'aurais pas réussi ces changements majeurs dans ma vie si je n'avais pas développé autant d'outils psychologiques pour m'appuyer, pour dompter mes peurs et, surtout, pour entretenir des émotions aidantes. La peur, la nervosité, la timidité, la tristesse, la solitude, l’anxiété, l’inquiétude, l'ennui, l'impuissance, la confusion, le doute, l’insécurité, l’impatience, la frustration, la culpabilité, le sentiment de ne pas être à la hauteur ou inadéquat... Voilà autant d'états d'esprit qui peuvent vous accompagner à divers moments quand vous voulez changer de vie, et c'est tout à fait normal.

Apprendre à provoquer en vous des émotions positives

Vous devrez apprendre à provoquer en vous de l’enthousiasme, de la curiosité, de la gratitude, de l’émerveillement, de la créativité, de l’assurance, de l’audace, de la considération, de la compassion, de l’humour, de la passion, de la détermination, de la vitalité, de la confiance, de l'estime pour soi.

Est-ce que le fait d'être psychologue m'a aidé? Sans aucun doute. Mais je crois surtout que mon désir d'ajouter à mon arsenal de nouvelles stratégies et ma détermination à les appliquer à chaque jour ont été les facteurs les plus déterminants (note 4).

Apprenez à bien vous entourer

L’intelligence, la créativité, la bonne gestion de votre temps, la motivation et la confiance en vous sont tous des outils importants à développer pour réaliser vos rêves. Toutefois, il n’est pas exagéré de dire qu’une des principales clés qui vous ouvrira les portes de la réussite, ce sont les autres personnes.

Quand je regarde en arrière, je peux facilement voir des dizaines de visages de personnes qui m'ont donné ma chance, qui m'ont offert des occasions d'avancer, des gens sans qui je n'aurais pas atteint mes objectifs. C'est certain que ma propre capacité à entrer en relation avec les autres m'a permis d'accélérer le changement de carrière dont je rêvais. Ce sont des habiletés avec les années, apprenant surtout à bien écouter.

Je constate que j'ai volontairement mis de côté des personnes dont les conversations minaient mon moral ou celles qui me donnaient le sentiment de valoir moins que ce que je vaux vraiment, les éteignoirs.

Idée clé #2

Apprenez, sans en faire une obsession, à protéger vos états d’esprit positifs.  Est-ce que certaines conversations négatives vous atteignent trop? Est-ce que certaines personnes ont le don de miner votre confiance ou votre estime de vous-même? Est-ce que l’écoute de certains médias vous trouble? Prenez-en conscience. Voici une bonne question à vous poser:  À qui et à quoi est-ce que je veux faire cadeau de mon attention?

Rechercher activement les occasions de rire et de vous détendre avec des amis, faire de l’exercice (sans en faire une maladie), du yoga, de la danse, du chant, sont autant de moyen de provoquer des états d'esprit aidants

Changer de vie, c'est aussi apprécier la route

Il faut bien reconnaître que nous vivons à l’ère de l’instantané, du presse-bouton, de la vitesse, des diètes miracles, de la satisfaction immédiate de nos désirs et de l’illusion de la réussite. La publicité et les médias sociaux nous offrent leurs miroirs aux alouettes et nous laissent croire que la vie est une succession ininterrompue de moments de joie et de jouissance. On a l’impression qu’il est possible d’apprendre sans effort, de devenir riche et célèbre instantanément, de soulager rapidement des symptômes sans agir sur les causes profondes.

Il ne faut pas se faire d'illusion, changer de vie peut être difficile, surtout quand on y va au hasard et sans préparation. C'est une réalité avec laquelle on ne peut pas tricher: cela demande des efforts et de la persévérance.

Voilà pourquoi autant de gens se découragent. Le chemin qui conduit à la maîtrise comporte son lot de progrès et d’embûches, ses moments de joie, d’ennui et de découragement. D’où l’importance d’apprendre à apprécier le chemin qui vous y conduit.

Mais la réalisation d’un rêve apporte tellement de très grandes satisfactions, de joie et un réel épanouissement. Comme le soulignait en entrevue David Saint-Jacques en parlant de son métier d’astronaute: Je le compare toujours à celui d’alpiniste. C’est amusant d’être en haut d’une montagne, mais tu es là dix minutes. Les grimpeurs heureux sont ceux qui aiment préparer leur mission, rencontrer des gens, regarder des cartes. (Un décollage parfait)

En prime

J'écoutais une adolescente immigrante qui vit maintenant au Québec depuis 2 ans. A son arrivée, elle ne parlait pas un seul mot de français  et sa vie se passait entre regret de ses amis et de son pays d'origine et lutte pour s'adapter à un tout nouvel environnement. Maintenant, elle dit se sentir bien au Québec et ajoute cette belle vérité: cela prend du temps à aimer un changement. Donnez-vous ce temps. Alors, bonne route!

Changer de vie, vous y rêvez? Voici 7 pistes pour alimenter votre élan  et votre désir de prendre votre envol sans attendre d'être acculé au pied du mur par une décision administrative, un changement organisationnelle ou une dépression.

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