Comment lâcher prise? Apprenez ces deux habiletés

lâcher prise

Dans cet article, nous verrons que si lâcher prise n'est pas facile, vous pouvez, pour vous y aider, développer deux habiletés: celle de faire confiance en l'avenir et votre capacité à faire des deuils. Nous allons donc parler du besoin de contrôler, de la nécessité de prendre conscience de vos émotions face à ce qui arrive et de pourquoi c’est si difficile de faire des deuils. 

Selon la thérapeute américaine Daphne Rose Kingma, retenir équivaut à croire qu’il y a seulement un passé; lâcher prise, c’est savoir qu’il y a un avenir. En fait, lâcher prise peut s’expliquer et s’appliquer de bien des façons. Mais une manière très simple de l’apprivoiser consiste à l’opposer à son contraire: le contrôle. Nous aimons bien avoir le contrôle, que ce soit sur notre travail ou des parties de celui-ci, sur notre vie personnelle, sur nos émotions, sur les autres peut-être. Et nous aimerions bien parfois avoir le contrôle sur des événements qui, justement, sont hors de notre contrôle.

Lorsque vous réalisez que vous ne pouvez changer ni les événements ni les autres et que vous pouvez seulement changer votre façon de les percevoir, vous êtes dans le lâcher prise. Vous vous donnez alors une chance de vivre moins de stress.

De la même façon, lorsque vous modifiez votre action pour arriver à un résultat, vous faites preuve de flexibilité et de votre habileté à décrocher d’une conduite stérile. Faire une distinction entre ce que nous pouvons contrôler, ce que nous pouvons influencer et ce que nous ne pouvons ni contrôler, ni influencer est sans doute une première étape dans le lâcher prise. 

Difficile de laisser aller le contrôle

Mais pourquoi trouvez-vous si difficile de laisser aller votre besoin de contrôle? Parce que vous niez ou parce que vous êtes peu conscient des peurs liées à l’absence de contrôle. Par exemple, vous pouvez craindre des autres qu’ils vous dominent, avoir peur de vous tromper, peur de ne pas être adéquat, peur de manquer de quelque chose.

Mais plus vous cherchez à contrôler (vos collègues, votre conjoint, vos enfants, une manière de faire les choses, l’opinion des autres ou même votre apparence), plus cela est signe d’insécurité et moins vous lâchez prise.

Lâcher prise est donc un acte de confiance. Cela nécessite l’acceptation de vos limites, la reconnaissance des autres dans leurs différences et la capacité de faire avec ce qui se présente dans le moment présent (voir encadré). La tentation est grande toutefois de refuser ce qui n’est pas conforme à vos désirs, de résister à ce qui se présente. Votre besoin de contrôle fait que vous vous acharnez sur ce qui aurait pu être ou ce qui devrait être et que vous oubliez ce qui est présent.

Idée clé #1

Faites une distinction entre ce que vous pouvez contrôler, ce que vous pouvez influencer et ce que vous ne pouvez ni contrôler, ni influencer. Lorsque vous réalisez que vous ne pouvez contrôler ni les événements ni les autres et que vous pouvez seulement influencer votre façon de les percevoir, vous êtes dans le lâcher prise. Vous vous donnez alors une chance de vivre moins de stress.

Comment développer votre capacité à lâcher prise?

De plusieurs façons! Mais la première et la plus importante n’en demeure pas moins la prise de conscience. Devenir conscient de vos émotions face à ce qui arrive et pouvoir les exprimer sont une importante étape.

Devenir également conscient de l’absurdité de vouloir contrôler sur ce que vous ne pouvez pas changer ou influencer. Devenir conscient de toute la perte d’énergie et de bien-être que représentent le perfectionnisme et l’acharnement.

Par exemple, vous partez en voyage à l’étranger dans l’intention bien précise d’en profiter pour faire de la photographie, une de vos passions. Dès votre arrivée, votre appareil ne fonctionne plus. Il est impossible de le faire réparer sur place ou de s’en procurer un autre. Entretenir en vous la frustration, la colère, le dépit par rapport à cette contrariété peut gaspiller vos vacances et ne corrigera en rien la situation.

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Alors, ne vaut-il pas mieux recadrer cette situation? Vous dire, par exemple, que vous pouvez peut-être profiter autrement des belles images qui s’offrent à vous? Peut-être serez-vous plus sensible aux brochures, aux cartes postales, aux vidéos que vous pourrez vous procurer? Peut-être ne pas être embarrassé d’un attirail de photographe vous permettra-t-il de faire des activités différentes? Peut-être que de couper court à ces pensées moroses vous permettra-t-il de ne pas rater vos vacances et, la prochaine fois, de partir avec un plan B: une deuxième caméra ou, tout simplement, un appareil photo jetable? 

Simple logique, direz-vous, mais comment se fait-il que ce simple comportement soit parfois si pénible à faire? C’est là qu’intervient la stratégie suivante qui est essentielle, soit celle d'accepter de faire le deuil de quelque chose auquel vous tenez.

Faire son deuil: une histoire de singe

Voici une métaphore qui vous explique assez clairement pourquoi c’est difficile de lâcher prise.

On raconte que, dans la forêt équatoriale, un homme chassait le singe. Comme il connaissait bien un de ses travers, il pouvait l’attraper vivant et sans la moindre blessure. Après avoir évidé une courge qu’il remplissait ensuite de riz, il  fixait celle-ci solidement à un arbre. Le singe, attiré par la nourriture, s’approchait et insérait ses doigts par l’ouverture.

S’emparant d’une poignée de riz, il ne pouvait plus retirer sa main pleine maintenant trop grosse pour passer par l’orifice. Pendant qu’il s’acharnait, le chasseur s’approchait et attrapait le singe ainsi retenu. Vous pensez sans doute que l’animal n’avait qu’à abandonner le riz pour retrouver aisément sa liberté. Bien sûr, mais pour y arriver, il aurait dû renoncer à quelque chose d’important et même de vital pour lui: sa nourriture.

Est-ce à dire que lâcher prise implique de renoncer à vos buts, à vos objectifs ? Pas nécessairement. Lâcher prise, dans l’immédiat, peut être parfaitement compatible avec l’action, mais impliquera parfois une action différente ou différée.

Voici un exemple simple qui permettra de mieux comprendre. Il vous est sans doute déjà arrivé d’avoir un nom sur le bout de la langue et de vous acharner pendant de longues minutes pour le retrouver, mais en vain. On dirait que plus vous faites des efforts, moins vous vous en souvenez. Puis, vous passez à autre chose, vous lâchez prise sur votre recherche. Soudain, le nom recherché arrive de lui-même et sans aucun effort.

Penser de façon obsessionnelle à un problème est la plupart du temps complètement inefficace et ne le règle surtout pas. On appelle cela de la résistance. Au contraire, vous en détacher provisoirement peut permettre à votre cerveau de faire émerger certaines solutions et surtout de laisser la place à l’originalité et la créativité.

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Résistance psychologique, résistance au changement et lâcher-prise

Idée clé #2

Trouvez le deuil que vous devez faire. La résistance face à un changement est à la mesure du deuil que vous devez faire.

Demandez-vous: Qu’est-ce que je trouve le plus difficile de laisser aller dans ce changement? À quoi dois-je surtout renoncer? Les réponses pourront vous surprendre et vous aider à comprendre pourquoi vous résistez autant. La résistance est normale. Ce qui ne l’est pas, c’est de résister tout le temps, d’en faire une position de vie.

Pour aller plus loin

Bérubé, Marie & Vachon, Marc - LÂCHER PRISE. PRENDRE DE L’ALTITUDE. Éd. OSERChanger.com 

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Les deuils à faire pour lâcher prise

Votre défi pour avancer, c'est donc d'accepter que ce que vous avez connu dans le passé ne sera plus là, ne reviendra plus. La première question à vous poser, donc, pour comprendre pourquoi avez autant de difficulté à lâcher prise dans certaines situations, c'est: de quoi dois-je faire le deuil?

Peut-être devez-vous faire le deuil de votre confort, d'habitudes, de comportements, de votre sécurité, d'une image de vous-même, de votre identité professionnelle, de la reconnaissance des autres, de rapports sociaux, de l'organisation de votre temps, de l'avenir que vous imaginiez, etc.

Lâcher prise implique parfois aussi de faire le deuil d’une croyance ou d'une règle, tous ces Il faut et Je dois que vous avez appris, qui sont conditionnés et inefficaces quant au résultat. Par exemple:

  • Il faut que tout soit parfait.
  • Tout doit toujours fonctionner comme je le veux.
  • Je dois tout faire moi-même.

D’autre fois, c’est du résultat qu’il conviendra de faire le deuil puisqu’il n’est pas entièrement sous notre contrôle, comme par exemple les résultats scolaires de notre enfant ou l’ordre dans sa chambre.

Plusieurs auraient intérêt à faire le deuil de leur passé, de leurs épreuves, de leurs problèmes, puisqu’ils ne peuvent changer le passé et que le ressasser inlassablement les empêche de profiter du moment présent. Traîner avec eux des deuils, pendant des années, et refuser de tourner la page ne réussit qu’à miner leur propre moral et celui des autres.

Les deuils à faire sont donc multiples, que l’on songe à toutes les idées irréalistes que vous entretenez sur vous-même (vouloir être apprécié de tous, par exemple, ou vouloir que tout le monde autour de vous soit bien).

Ou encore, les attentes que vous avez pour les autres (souhaiter que votre conjoint ou votre collègue de travail ait un caractère différent) ou sur le travail, etc.

Il y a bien évidemment des deuils plus difficiles à faire que d'autres, comme celui d'une valeur importante à nos yeux. Par exemple, l'infirmière qui devrait faire le deuil du temps qu’elle passe avec un client en raison d’une réorganisation d’un plan de soin, et qui a comme valeur importante la relation qu’elle établit avec le client, trouvera très difficile de faire le deuil de cette partie de son travail. Pour elle, ce serait presque se renier elle-même, renier sa mission. 

Nous pouvons comprendre alors l’énorme résistance qu’elle développera, résistance qui pourra aller jusqu’à se chercher un milieu de travail plus satisfaisant qui respecte sa valeur. À moins qu'elle ne change le processus de vérification de cette même valeur, c'est-à-dire la façon qu'elle a de savoir que cette valeur est respectée.

Idée clé #3

Voici un truc qui demande un peu de pratique: vivre le moment présent. C'est un bon déclencheur du lâcher-prise. Cela nous fait automatiquement couper court aux pensées parasites, qu’elles concernent le passé, l’avenir, les problèmes, les faux buts et les mauvais moyens.

Trouvez un moyen qui vous permette d’être dans le moment présent. Pourquoi ne pas vous mettre à la photo pour vous forcer à regarder, à la marche, à l'observation des oiseaux ou des papillons, à la poterie ou au jardinage. Et quand vous voulez vraiment donner congé à vos pensées, rien de tel que la méditation.

Conclusion

Lâcher prise implique donc parfois de nous changer nous-même ou de nous accepter avec nos limites, nos valeurs, ce qui nous permet d’accepter les autres bien plus aisément. Le cerveau humain est très complexe et capable de grandes choses, à condition que nous développions sa grande flexibilité.

Être flexible, c’est accepter de lâcher prise si les moyens que nous utilisons ne fonctionnent pas; c’est aussi essayer autre chose, une autre stratégie. C’est aussi nous mettre en recherche active de d’autres moyens pour arriver à nos fins. C'est accepter de laisser aller un certain contrôl

Une manière simple d'apprivoiser le lâcher-prise consiste à l'opposer à son contraire: le contrôle. #lacherprise

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